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Simulation réussie pour le premier voyage virtuel vers Mars

Une fois quittée cette vallée de larmes, certains donnent leur corps à la science. D'autres n'attendent pas pour lui donner de leur temps. Beaucoup de leur temps. Ainsi ces six hommes - quatre Russes, un Français et un Allemand - pilote, cosmonaute, ingénieur ou médecin, sortis, mardi 14 juillet, de la maquette grandeur nature d'un vaisseau dimensionné pour faire le voyage vers la Planète rouge. Ils y étaient entrés le 31 mars, il y a cent cinq jours, et ont passé trois mois et demi dans des conditions de confinement à peu près total. Semblables à celles qui seront éprouvées par les astronautes qui, peut-être, voleront un jour vers Mars dans vingt, vingt-cinq ou trente ans.

Fruit d'une collaboration entre l'Agence spatiale européenne (ESA), son homologue russe (RosCosmos) et l'Institut des problèmes biomédicaux de Moscou (IBMP) - dans les bâtiments duquel est installé le module expérimental -, le programme Mars 500 doit permettre de mesurer les effets biologiques d'un isolement prolongé accompagné de privations sensorielles.

Les impacts sur le système immunitaire ou le métabolisme sont au centre de nombreuses questions. Il s'agit aussi d'en observer les effets psychologiques sur les individus et sur le groupe qu'ils forment. Etudier les situations qui suscitent les tensions, celles qui permettent au contraire l'harmonie et le partage des tâches, déterminer les configurations ou les profils psychologiques adéquats ou inadéquats. L'intérieur de la capsule est ainsi bardé de caméras de surveillance dont les enregistrements seront, dans les prochaines semaines, minutieusement décryptés.

Les conditions de vie peuvent mettre les humeurs à rude épreuve. Pas de jour, pas de nuit. Une vie réglée comme du papier à musique, régie par les tâches de contrôle médical, les expériences menées à bord et la maintenance des systèmes du module. En cas de problème grave ou de question, chaque message envoyé au centre de contrôle met vingt minutes à arriver, et la réponse met à son tour vingt minutes à être reçue. Les communications sont si longues que "nous avons pris de plus en plus de décisions de manière autonome", explique le cosmonaute Serguei Rianzanski, qui commandait la mission. De temps à autre, dans la serre sous éclairage artificiel, on cultive des légumes qui viendront améliorer le quotidien... Et à intervalles réguliers, quelques nouvelles de la Terre et des messages des proches.

Enfermés à six dans 180 m2, on pourrait penser que c'est la promiscuité qui a le plus pesé. Il semble n'en avoir rien été. "Nous avons eu un très bon relationnel, nous aurions pu tenir plus longtemps", assure Cyrille Fournier, 40 ans, pilote à Air France dans le civil. "Le plus difficile ça a été les problèmes de sommeil, perturbé par l'absence d'alternance jour/nuit et le fait qu'on est séparé de ses proches", a-t-il ajouté. Quant à Sergueï Riazanski, c'est de "la routine et de la monotonie des tâches à accomplir" qu'il dit avoir le plus souffert ; ainsi que du sentiment de n'avoir jamais "une minute pour soi" ou presque.

Les responsables du programme à l'IBMP ont invité les membres de l'équipage à revenir début 2010 pour, cette fois, demeurer cinq cent vingt jours confinés. "Ce sera cette fois la simulation d'un véritable aller-retour sur Mars en tenant compte de la mission d'un mois sur place", explique M. Fournier, qui a décliné l'invitation.

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