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La quantité de lumière du jour influence notre perception thermique

Une étude réalisée par des chercheurs de l'EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne) montre qu’il existe un facteur psychologique significatif qui modifie notre perception thermique d’une pièce en fonction de la quantité de lumière du jour présente.

Avant d’arriver à cette conclusion, Giorgia Chinazzo, première auteure de l’étude, a placé 42 hommes et 42 femmes durant trois heures dans un environnement thermiquement contrôlé. Cet espace lui a permis non seulement de varier les niveaux de température de 19, à 23 et 27 degrés, mais aussi la quantité de lumière du jour, en recouvrant les vitres de filtres sombres. La luminosité passait ainsi de basse, à moyenne et à élevée, aléatoirement d’un candidat à l’autre. En parallèle, la chercheuse a mesuré en continu la température du corps des volontaires, âgés entre 18 et 25 ans.

Les participants n’ont pas été mis au courant du réel objectif de l’étude pour ne pas en fausser les résultats. La chercheuse leur a fait passer un test de performances cognitives (raisonnement logique, compréhension de texte, etc.), en glissant subrepticement à la fin de l’entretien des questions sur leur perception de la pièce, leurs sensations (ont-ils froid ou chaud ?) et leur confort (aiment-ils les conditions thermiques de la pièce? S’y sentent-ils à l’aise ?).

Résultats ? Les participants ont jugé plus acceptable et thermiquement confortable l’espace à 19 degrés lorsque la pièce était fortement éclairée par la lumière du jour que lorsqu’elle était peu éclairée ; alors même qu’aucune variation de température corporelle n’était enregistrée. A l’inverse, lorsque la pièce était plus chaude, les sujets se sont sentis plus à l’aise avec une luminosité basse plus qu’élevée. Là non plus, aucune variation de température du corps ne venait corroborer ces perceptions, qui sont donc purement psychologiques.

Pour les auteurs de l’étude, il est plausible que ces sensations thermiques aient été déterminées uniquement par la présence de lumière du jour dans la pièce, sachant que la différence prédominante entre ces tests et l'expérience contrôlée réalisée dans les années 1970 est le type de lumière. En d’autres termes, les chercheurs émettent l'hypothèse que les gens supporteraient plus la chaleur dans une pièce éclairée par la lumière du jour que dans une pièce éclairée par l’électricité tout simplement parce qu’ils s’attendent à ressentir plus de chaleur.

Les sensations thermiques des volontaires étaient comparables à une perception de la température de 1,7 degré inférieure à la température réelle de la pièce ce qui, pour le domaine, est un écart significatif et peut entraîner une réduction de l'énergie utilisée pour refroidir les bâtiments, surtout lorsque ceux-ci bénéficient de lumière naturelle continue. « Ces résultats montrent que nous climatisons peut-être trop certains espaces, notamment les bureaux construits dans les bâtiments entièrement vitrés, car la simple présence de lumière du jour rend la chaleur plus tolérable », commente Giorgia Chinazzo. « Si notre hypothèse se confirme, nous pourrions effectuer des économies d’énergie en privilégiant l’éclairage naturel à l’éclairage artificiel lors de la construction et la rénovation d’un bâtiment, tout en améliorant le confort thermique des occupants ».

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

EPFL

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