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La première photographie de Sagittarius A, le trou noir au centre de notre voie lactée !

C’est un formidable exploit humain, scientifique et technique : des chercheurs de l'EHT (Event Horizon Telescope) et de l'ESO (European Southern Observatory), au terme de 6 années de travail acharné, ont dévoilé le 12 mai dernier, trois ans après la première photo d'un trou noir situé dans une galaxie beaucoup plus éloignée, la toute première image du trou noir Sagittarius A qui se trouve à 27.000 années-lumière de la Terre.

Situé au centre de notre Galaxie la Voie lactée (un disque de 100 000 années-lumière de diamètre, sur 10 000 d'épaisseur), ce monstre cosmique de 4 millions de masses solaires a un diamètre de son horizon qui atteint 6 millions de kilomètres, soit environ 15 fois la distance Terre-Lune. « Nous avons été stupéfaits de voir à quel point la taille de l'anneau correspondait aux prédictions de la théorie de la relativité générale d'Einstein », a déclaré Geoffrey Bower, scientifique du projet EHT, de l'Institut d'astronomie et d'astrophysique, Academia Sinica, Taipei.

Et ce formidable exploit scientifique et technique n’aurait pas été possible sans Katie Bouman, jeune et brillante astrophysicienne au CalTech, et son algorithme, créé en 2016, qui a permis de reconstituer, à l’issue d’un travail informatique colossal, des milliers d’images prises par les huit radiotélescopes répartis sur toute la planète, et de fusionner toutes les données récoltées par ces télescopes afin de créer une image unique.

Rappelons qu’une vaste étude récemment publiée a estimé à 40 trillons (40 milliards de milliards) Le nombre de trous noirs stellaires au sein de l'univers observable. Selon cette étude, l’ensemble de ces trous noirs contiendrait 1 % de toute la matière ordinaire (baryonique) de l’Univers (Voir IOP). Sachant que notre Univers contient environ 2000 milliards de galaxies, cela voudrait dire qu’il y aurait environ 20 millions de trous noirs dans chaque galaxie, y compris le nôtre…

Ces objets absolument fascinants, dont la masse varie de 10 fois à 50 milliards de fois celle de notre soleil, ont été prévus de manière magistrale par Einstein dans sa théorie de la relativité générale en 1915, et gardent encore bien des mystères. On sait néanmoins, grâce à de récentes recherches, qu’ils jouent un rôle majeur dans la distribution de la matière (ordinaire et noire), dans la création de nouvelles étoiles et dans la structure de l’espace-temps. Ils sont également à l’origine de flux d’énergie incroyablement puissants, qui réorganisent l’ensemble du Cosmos et pourraient jouer un rôle-clé, en favorisant les collisions entre molécules interstellaires, dans l’apparition des molécules organiques complexes, nécessaires à l’émergence de la vie…

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

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