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Les nouveaux neurones d'un cerveau adulte participent à l'apprentissage sensoriel

Même si la plupart des neurones sont générés au cours du développement embryonnaire, certaines régions du cerveau des mammifères ont la capacité, à l’âge adulte, de renouveler continuellement leurs neurones. Si l’existence de ces néo-neurones adultes est désormais établie, de nombreuses questions sur la fonction et la manière dont ils s’intègrent dans leur territoire cible demeurent toujours sans réponse.

Pour mieux comprendre ce processus, l’équipe Perception et Mémoire (Institut Pasteur/CNRS), dirigée par Pierre-Marie Lledo, directeur de recherche CNRS, a étudié le rôle particulier de ces neurones produits tardivement dans le cerveau adulte.

Cette étude démontre ainsi que l’attribution de valeurs plaisantes aux expériences sensorielles repose étroitement sur l’activité des neurones produits chez l’adulte et non ceux formés peu après la naissance. C’est grâce à l’activité de ces premiers qu’un sujet pourrait anticiper l’arrivée d’une récompense.

Pour cela, les chercheurs se sont intéressés à la production de nouveaux neurones chez des souris adultes, et plus particulièrement ceux qui s’intègrent dans la région du cerveau responsable de l’analyse des odeurs, le bulbe olfactif. Ces néo-neurones sont considérés comme des acteurs majeurs de flexibilité pour l’apprentissage et la mémoire des expériences sensorielles olfactives.

Les scientifiques ont remarqué que les néo-neurones étaient capables de réagir différemment à une odeur en fonction des conséquences associées à cette expérience sensorielle, comme l’obtention ou non d’une récompense. Ils ont également montré qu’un apprentissage olfactif, durant lequel les souris devaient associer une odeur avec un renforcement positif, était facilité dès lors que les néo-neurones étaient activés. Finalement, la simple activation de ces neurones générés chez l’adulte pouvait être assimilée à une odeur prédictive d’une récompense.

En conclusion, c’est à travers la valeur attribuée aux sensations, et non à la simple identification de la nature de cette sensation, qu’il faut appréhender la fonction des neurones produits tardivement dans le cerveau adulte. Ce travail démontre que l’apprentissage motivé par l’obtention d’une récompense dépend étroitement de la neurogenèse du cerveau adulte.

Transposés à l’humain, ces résultats pourraient permettre de mieux appréhender le rôle joué par les néo-neurones de l’hippocampe adulte dans les processus d’apprentissage associatif.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

CNRS

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