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Les nanoparticules rejoignent l'arsenal anti-cancer

Le plus souvent, les traitements contre le cancer entraînent des effets secondaires que les patients ont du mal à supporter et ce phénomène limite la possibilité de combiner différents médicaments pour lutter plus efficacement contre la maladie.

Une société de biotechnologie américaine de la région de Boston, Cerulean Pharma, est persuadée que la solution à ce problème réside dans l'utilisation de nanoparticules comme vecteurs de transport des différents médicaments anti-cancéreux.

Acheminés vers la tumeur avec cette technique, les molécules ont en effet moins d'effets secondaires, ce qui permet de mettre en oeuvre des traitements plus agressifs associant plusieurs médicaments. Ces polythérapies présentent en outre l'avantage de limiter les risques d'apparition de résistance des cellules cancéreuses.

Ce phénomène d'adaptation et de résistance des cellules cancéreuses, qui peut apparaître rapidement, est à présent bien connu des médecins et le déjouer constitue l'un des grands défis de la cancérologie. Comme le souligne Oliver Fetzer, Président de Cerulean, de récentes études montrent que différentes cellules au sein de la même tumeur peuvent subir différentes mutations génétiques. De ce fait, un médicament peut tuer les cellules cancéreuses dans une partie d'une tumeur mais s'avérer inefficace sur d'autres cellules tumorales. Face à cette grande variabilité génétique de la tumeur, il est donc souvent indiqué de frapper les cellules cancéreuses avec plusieurs médicaments à la fois afin de prendre la tumeur de vitesse et l'empêcher de développer une résistance à la chimiothérapie employée.

Les nanoparticules développées par Cerulean sont trop grosses pour transiter dans les vaisseaux sanguins des tissus sains mais ils sont de la bonne taille pour pénétrer dans la tumeur. En outre, ces nanoparticules ne libèrent pas d'un seul coup les médicaments transportés, mais de manière très progressive, et il est même possible de régler à l'avance le temps de libération des médicaments car ce type de nanoparticule empacte le médicament par une liaison chimique qu'il suffit de rompre pour libérer la ou les molécules thérapeutiques.

Les premiers essais cliniques portant sur l'utilisation d'un médicament appelé camptothécine, trop toxique pour être administré par voie classique, montrent qu'il est bien toléré lorsqu'il est véhiculé vers la tumeur via ces nanoparticules.

Des essais cliniques sont en cours sur des patientes souffrant d'un cancer des ovaires et d'autres essais sont prévus fin 2012 sur des patients atteints de cancers du poumon. Cerulean prépare également des essais cliniques de phase I pour traiter des patients atteints d'un cancer du rein en associant son nano-vecteur et un anti-cancéreux récent, le bevacizumab.

Article rédigé par Mark FURNESS pour RTFlash

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