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Espace

L'Europe spatiale en route vers un mode de propulsion révolutionnaire

Avec un record de 2.000 heures cumulées de fonctionnement en orbite, la sonde lunaire Smart-1 de l'Agence spatiale européenne (ESA), en route vers la Lune depuis huit mois, a d'ores et déjà démontré la supériorité de son système électrique de propulsion, appelée propulsion plasmique, selon le motoriste Snecma, son concepteur.Ce mode de propulsion, pour lequel les recherches ont débuté en France en 1993, avait manqué deux occasions précédentes de qualification en vol, victime de deux avatars: la perte, en 2002, du satellite Stentor du CNES détruit lors de l'échec du vol inaugural de la version 10 tonnes d'Ariane- 5, et celle à peu près à la même époque, d'Astra 1K, satellite d'Alcatel perdu après son lancement de Baïkonour (Kazakhstan). Selon Joël Barre, directeur général de la divisions moteurs spatiaux de Snecma, 2004 devrait donc être décisive pour la reconnaissance de la propulsion plasmique -ou ionique-, qui représente une vraie "rupture technologique" par rapport à la propulsion traditionnelle (chimique). Les Russes, de leur côté, avaient effectué leur premier vol d'un propulseur électrique dès le début des années 70. Le système est utilisé sur Smart-1 comme propulsion principale en vue de valider l'emploi de ce mode de propulsion pour les futures sondes planétaires. Le PPS 1350 conçu pour Smart 1 donne des performances "totalement conformes aux prévisions" : depuis le lancement de la sonde, "il a permis d'accroître l'altitude de l'orbite de Smart 1 de 656 km à 14.312 km", selon les responsables de Snecma rencontrés à Villaroche (Seine-et-Marne), centre dédié à la propulsion des satellites où sont testés les systèmes à l'intérieur de chambres à vide. Smart-1, premier engin européen conçu pour se placer sur une orbite lunaire, est le premier véhicule européen à utiliser cette technologie. Lancée par Ariane le 27 septembre 2003, la sonde doit arriver à destination fin décembre pour une période d'observation lunaire de 6 mois. Le PPS 1350 bénéficie de caractéristiques remarquables : utilisant le xénon et l'énergie électrique de bord fournie par les panneaux solaires du véhicule, il est respectueux de l'environnement, (le xénon est un gaz rare, naturellement présent dans l'atmosphère) et consomme 5 à 6 fois moins de carburant qu'un propulseur conventionnel pour assurer la même mission. Outre les perspectives d'application en matière d'explorations planétaires futures, les gains de masse très importants engendrés par la propulsion plasmique présentent un grand intérêt pour les satellites géostationnaires, si l'on sait que le coût du service de lancement en orbite reste de l'ordre de 10 à 12.000 dollars le kilo. Elle est déjà retenue par nombre de constructeurs de satellites de télécommunications pour le contrôle d'orbite de leur plate-forme, et des discussions sont en cours pour le recours à la propulsion plasmique pour le dernier étage du futur lanceur européen Vega, a révélé Joël Barre. "A terme, la propulsion électrique dominera dans le spatial, même si une période de redondance avec le chimique est inévitable" selon Anne Cadiou, ingénieur au CNES, qui rappelle qu'il n'existe que trois filières de développement de ce mode de propulsion, en comptant Boeing qui développe son propre système. Snecma bénéficie de l'expérience acquise par son partenaire russe OKB Fakel, pionnier sur cette technologie. Les deux partenaires ont prévu de développer et commercialiser un propulseur de forte puissance, le PPS 5000 destiné aux futurs satellites géostationnaires de télécommunications.

AFP : http://fr.news.yahoo.com/040407/202/3qicm.html

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