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Avenir

La guerre du XXIe siècle sera hypertechnologique

Dans leur blindé, les soldats de la "bulle de contact", assis devant des écrans, observent les images vidéo et interprètent les différentes mesures (radar, laser, infrarouge...) prises par les drones survolant la zone de combat et les robots infiltrés dans les faubourgs de la ville qui abritent les troupes ennemies. Le char relaie l'ensemble de ces informations vers ses homologues, les autres "engins blindés à roue de contact" (EBRC), ainsi que vers les postes de commandement de l'artillerie et de l'aviation. Il peut également activer l'armement intégré aux robots et aux drones afin de détruire certaines cibles ponctuelles. A l'abri du relief et de leur protection par micro-ondes, les soldats les plus proches de la ligne de front sont nettement moins exposés qu'auparavant. Un tel scénario futuriste pourrait devenir réalité si le projet Bulle opérationnelle aéroterrestre (BOA), présenté le 6 février par la délégation générale pour l'armement (DGA), se concrétise. Pour l'instant, il s'intègre au "plan prospectif à 30 ans (PP30)" qui définit le cadre général des "études des perspectives technologiques". Bertrand Ballarin, colonel de l'armée de terre, définit la philosophie du projet BOA comme "une extension du principe de déconnexion physique entre les capteurs et les lanceurs puis de reconnexion avec le système d'information". Derrière ce jargon de spécialiste, c'est une "révolution dans l'emploi d'une unité de contact"qui se prépare. Aujourd'hui, ces troupes manoeuvrent souvent à vue directe et doivent maintenir le contact avec la ligne de front pour garantir l'acheminement de l'information, ce qui les rend particulièrement vulnérables. Demain, elles feront appel à des "capteurs" permettant de recueillir des données "au-delà de la vue directe", c'est-à-dire à une distance plus importante du coeur des opérations. La mise en oeuvre d'une telle stratégie s'appuie largement sur le développement des réseaux de télécommunication et de la robotique militaire. C'est même cette dernière qui promet une véritable rupture avec les pratiques actuelles. La DGA travaille ainsi sur deux axes majeurs : les robots terrestres et les drones, ces avions sans pilote qui font de plus en plus parler d'eux, du Kosovo à l'Afghanistan. L'ensemble de ces équipements deviendront, dans un premier temps, les yeux et les oreilles des unités de contact. Ensuite, les machines plus ou moins autonomes participeront directement aux combats. Le domaine des robots terrestres couvre une vaste gamme d'engins, allant du char lourd téléopéré à des engins d'observation de toutes tailles et de structures variées suivant les usages auxquels ils sont destinés. A terme, une panoplie sera constituée par différents types de robots pouvant coopérer et s'entraider.. Cette ménagerie de robots militaires assurera des missions de reconnaissance, d'observation et de combat, en particulier dans les zones urbaines difficiles d'accès pour les engins blindés. Parmi les verrous technologiques, le problème de l'énergie embarquée reste critique, surtout pour les petits robots dont les capacités en batterie sont limitées et qui doivent pouvoir se déplacer à 6 ou 7 km/h pour ne pas ralentir la manoeuvre. Dans les airs, les drones joueront un rôle similaire. Catherine Fargeon, responsable des systèmes de drones à la DGA, distingue trois étapes. Aujourd'hui, les drones existants disposent d'une voilure fixe de 30 à 50 cm qui leur permet de se déplacer à des vitesses inférieures à 30 km/h. La seconde génération, vers 2007-2010, plus petite, de 20 à 30 cm, sera capable de rester en vol stationnaire grâce à des rotors carénés et disposera d'une certaine "tenue à la rafale". Ces modèles seront adaptés à l'observation en milieu urbain. Ils pourront se déplacer en évitant les immeubles et se poster au sommet d'une tour pour en surveiller l'intérieur. Après 2015, des drones encore plus miniaturisés, moins de 15 cm d'envergure, pourront se glisser à l'intérieur même des bâtiments, un peu comme les sphères imaginées par Frank Herbert dans son roman Dune. En attendant de concrétiser les rêves ou les cauchemars des auteurs de science-fiction, le premier système d'armes issu du projet BOA, l'EBRC, devrait entrer en service en 2011 pour des missions de reconnaissance et de combat. L'EBRC sera équipé de canons, missiles et, ultérieurement, d'armes à énergie dirigée (laser et micro-ondes). Sa protection balistique doit également évoluer grâce à des moyens réactifs "capables de détruire avant impact la munition adverse". Tapis dans leur EBRC, les soldats se transformeront de plus en plus en manipulateurs d'engins robotisés et en centre de collecte et d'aiguillage d'informations. Il deviendra alors essentiel d'alléger au maximum leur charge de travail afin qu'ils conservent une vision stratégique des opérations. Un subtil partage des fonctions entre hommes et machines au combat s'ébauche.

Le Monde : http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3244--261884-,00.html

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