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Biocarburants : de l'huile de tournesol à la place du gazole

A l'heure de la flambée des prix du pétrole et du réchauffement climatique, les producteurs d'huiles végétales pures s'interrogent sur l'interdiction qui frappe la commercialisation en France de leur biocarburant pourtant reconnu par une directive européenne. Dans la région d'Agen (Lot-et-Garonne), la petite SARL Valenergol créée en 1995, produit de l'huile végétale pure (HVP) à base de tournesol et entend démontrer que celle-ci peut tout à fait se substituer, au moins en partie, au gazole pour les véhicules diesel. "Le bilan énergétique est incomparable : pour une unité d'énergie investie, nous en retirons sept, 3,5 sous forme d'huile et autant sous forme de tourteau, source de protéines pour l'élevage", explique Alain Zanardo, professeur de sciences de l'environnement à l'université d'Agen et militant de la cause des HVP.

Pourtant, et bien que les huiles végétales soient reconnues par la directive européenne 2003/CE/30 relative à la promotion "de l'utilisation des biocarburants", Valenergol est poursuivie par les douanes depuis 1997 pour utilisation de "carburant interdit et détournement de TIPP". Une contradiction, estiment les militants de cette énergie, d'autant que l'Assemblée nationale a adopté mardi un amendement stipulant que la part des biocarburants utilisés par les transports doit s'élever à "5,75 % au 31 décembre 2008". Les députés ont également autorisé les HVP comme carburant agricole pour les "exploitants ayant produit les plantes dont l'huile est issue". Alain Juste, un des gérants de Valenergol, revendique une "centaine de clients réguliers" mais précise qu'"il y a rupture de stock". Son véhicule dégage un agréable fumet de viande grillée.

Si les huiles ne sont pas encore totalement autorisées, c'est, explique Alain Lhuillier, chargé de mission à l'Ademe-Gironde (Agence gouvernementale de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), parce qu'avec ce carburant, "les moteurs diesel nécessitent des adaptations (...) Ensuite, les émissions polluantes ne sont plus nécessairement dans les normes". "Avec les moteurs anciens, qui n'ont pas des normes de pollution aussi fortes à respecter, ça fonctionne. Mais pas avec des moteurs récents. Sans compter que cela risque d'endommager le système d'injection, à moins de faire des modifications. D'ailleurs, nous déconseillons de mettre plus de 5 % d'huile, au-delà, la garantie constructeur ne joue plus", renchérit un porte-parole de Renault.

Un argumentaire qui fait bondir chez Valenergol : "Au contrôle technique, par rapport au gazole, on détecte une baisse de 75 % des fumées noires, deux-tiers de microparticules en moins, la quasi absence de CO2, moins de dioxyde d'azote, pas de soufre", détaille M. Zanardo. Quant à la compatibilité avec les motorisations récentes, il estime qu'elle est encore meilleure qu'avec les vieux modèles : "A partir du moment où l'on a bien filtré l'huile et comme les nouveaux moteurs sont chauffés, ce qui supprime les problèmes de viscosité, il n'y a aucune contre-indication pour rouler à au moins 30 % d'huile, sans aucune adaptation".

Reuters

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