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Véhicules propres : rien n'est encore joué…

Le débat « moteur électrique contre moteur thermique » semble désormais plutôt derrière nous. Le tout-pétrole est condamné à terme, le moteur électrique serait donc la solution la plus crédible au regard de la question environnementale, à condition que l'électricité produite soit renouvelable - et même si la question des matières premières pour la production de batteries (et de leur recyclage) demeure entière.

Cependant, il s'agit d'objectiver la comparaison entre les options hydrogène ou batterie pour ne pas se laisser enfermer dans les dogmatismes. Deux technologies électriques certes, mais très différentes sur le plan industriel. L'électricité est un produit « ultrafrais » : il est difficile et coûteux de la stocker et de la distribuer. Pour l'instant, à l'échelle française, Elisabeth Borne, Ministre de la Transition écologique, rappelle que le choix opéré est celui de la batterie avec un plan de déploiement de 100.000 bornes de rechargement électrique d'ici 2022 sur notre territoire national. Pour comparaison, à ce jour, on compte moins de 100 stations hydrogène…

Tous les usages vertueux ont besoin d'un prix attractif pour se développer. Fabio Ferrari, le patron de la société Symbio (coentreprise entre Michelin et Faurecia dédiée au déploiement du moteur à Hydrogène) rappelle que la comparaison du prix doit s'opérer sur trois axes. Le prix du véhicule lui-même, tout d'abord : la technologie de la pile à hydrogène devrait coûter moins cher, à volume de production équivalent, assure-t-il.

Le prix d'exploitation ensuite, lié au coût de l'énergie : sur ce point, Fabio Ferrari estime qu'il y aura toujours un avantage de 20 % en faveur de la batterie. Le prix de maintenance, enfin : il n'y a pas de différence significative entre les deux technologies. Mais sur la durée, la batterie s'use, ce qui est moins le cas de la pile à Hydrogène.

Cependant, le véritable prix n'est pas seulement la somme des coûts, il demeure aussi dissimulé dans les usages. Aujourd'hui, pour recharger une batterie Ion-lithium, il faut compter plusieurs heures pour une autonomie comprise entre 250 et 500 km. Le bénéfice utilisateur penche donc largement en faveur du réservoir à hydrogène que l'on peut remplir sous haute pression en seulement quelques secondes, pour une autonomie du même ordre de grandeur. Cela devrait donc être un avantage décisif. Notamment dans le cas d'un professionnel qui ne peut se permettre d'attendre le temps de la recharge (livreurs, chauffeurs).

Le grand problème qui pèse sur l'avenir de la solution hydrogène est pourtant le déploiement du circuit de distribution de ces stations de recharges : infrastructure lourde et coûteuse qui interdit une distribution grand public à moyen terme.

Elisabeth Borne comme l'expert technique Fabio Ferrari s'entendent sur un point : l'usage intensif du véhicule tel qu'il est constaté dans les flottes professionnelles, camion, livreurs, taxi, semble être la voie naturelle de développement de l'hydrogène. Ces flottes captives ont des besoins de recharges rapides et la possibilité de déployer leur propre station de recharge.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

Les Echos

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