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Edito : Véhicule du Futur : Il faut revoir la Convention de Vienne

De très nombreux modèles automobiles embarquant des aides à la conduite sont déjà sur le marché ou sur le point d’y arriver.

Des systèmes avertissent le conducteur qu’il franchit les lignes délimitant la voie sur laquelle il se trouve, alors qu’il n’a pas, en mettant son clignotant, exprimé l’intention d’une telle manœuvre. Si le conducteur ne réagit pas à l’avertissement, certains constructeurs demandent même à l’automatisme de ramener la voiture dans le droit chemin !

Des constructeurs commencent à barder leurs véhicules de nombreux radars et détecteurs. Certains permettent de surveiller le véhicule qui nous précède et ralentissent automatiquement le véhicule dans lequel nous nous trouvons quand celui qui est devant nous fait de même. Avec ces radars et détecteurs, votre véhicule peut vous dire si vous avez suffisamment de place entre 2 véhicules pour vous garer. Certains modèles vous proposent même de faire le créneau et de stationner votre véhicule à votre place.

Depuis plusieurs années, l’informatique s’est infiltrée dans les moteurs, les boîtes de vitesses, les freins, les trains de roulement, la sécurité de nos voitures sans que nous en prenions toujours bien conscience.

Mais, nous en serions déjà beaucoup plus loin si les règles de base de la circulation routière applicables dans le monde entier, régies par la Convention de Vienne, signée en 1968, prenaient en compte les nombreuses évolutions technologiques apparues depuis 43 ans. Ainsi, cette Convention de Vienne dit que le conducteur est le seul responsable, à tout moment, du comportement de son véhicule. Cette seule règle interdit de faire circuler des voitures sans personne à bord.

Si cette seule règle s’adaptait aux technologies actuelles, nous verrions apparaître, chez tous les constructeurs, des véhicules entièrement automatiques dont la sécurité du process de circulation nous surprendrait.

Preuve de l’importance que va prendre, et très rapidement maintenant, le véhicule entièrement automatique, des acteurs majeurs de la communication entre l’Homme et la Machine, comme Google, ont décidé d’investir, avec des moyens importants, dans l’automobile du futur. Pour remplir cette mission, Google a déjà recruté Sébastian Thrun, Directeur du Laboratoire d’intelligence artificielle de Stanford, qui est arrivé avec une trentaine d’ingénieurs particulièrement compétents. Le premier véhicule entièrement automatique de Google réalisé sur une base de Toyota-Prius a déjà fait plus de 200.000 km sur les routes de Californie, sans intervention humaine. Toutefois, pour respecter la Convention de Vienne, une personne a toujours été à bord pendant les essais.

Bien d’autres expérimentations de véhicules totalement automatiques sont actuellement conduites dans le monde, et cela ne date pas d’hier. Dès 1995, une Mercédès avait parcouru 1.000 km sur les autoroutes entre Munich et Copenhague, sans intervention humaine, alors que le véhicule avait réalisé des pointes à 175 km/h.

Le 21 Juin dernier, quatre prototypes (2 voitures, 1 camion, 1 car) équipés de pilotes automatiques, pouvant se déplacer seuls sans présence à bord, ont été présentés à Borås en Suède, par les 17 entreprises et laboratoires qui se sont associés dans le cadre du projet Européen HAVEit (High Automated Vehicule for intelligent transport).

Tout prouve que les acteurs sont prêts à présenter des voitures entièrement automatiques. La Communauté Internationale doit prendre conscience qu’elle doit se réunir pour adapter la Convention de Vienne aux nouvelles technologies.

Google, qui n’a pas l’habitude de faire dans la dentelle, veut peser sur les Pouvoirs Publics pour que la réglementation interdisant à un véhicule automatique de rouler sans personne à bord soit modifiée.

Ainsi, à force de lobbying auprès des décideurs de cet État, les électeurs du Nevada (États-Unis) devront dire, lors d’une prochaine consultation, s’ils acceptent que des véhicules entièrement automatiques roulent sur les routes de leur État, sans qu’il n’y ait personne à bord. Si le vote était positif (et à condition qu’une autorité supérieure n’impose pas, malgré tout, le respect de la Convention de Vienne), le Nevada deviendrait alors la première région au Monde où un véhicule, entièrement automatique, pourrait librement rouler sur toutes les routes à une vitesse supérieure à 25 km/h, et ce, sans personne à bord.

Mais la Communauté Internationale ne veut, peut-être, pas faire évoluer trop rapidement la Convention de Vienne, car elle n’est pas certaine que la communauté des automobilistes, souvent conservatrice par nature, soit prête à accepter une telle mutation. Déjà, beaucoup de commentateurs qui s’expriment dans les principales revues automobiles regrettent que les aides à la conduite, apparues récemment sur les véhicules les plus sophistiqués, rendent moins agréable sinon ennuyeux le pilotage des voitures.

Pour réussir une telle mutation, il est indéniable que la voiture va devoir totalement changer de vocation. D’un simple véhicule de transport soumis aux aléas des embouteillages et des accidents, le véhicule de demain devra devenir un moyen de déplacement de très haute sécurité avec zéro mort, zéro accident et zéro embouteillage.

De plus, le chauffeur qui est actuellement, dans plus de 80 % des cas, la seule personne à bord, deviendra passager. Il faudra donc organiser tout autrement l’ergonomie à l’intérieur du véhicule et le temps passé par ce (ou ces) passager(s) à bord. D’un simple outil de déplacement, la voiture du futur deviendra un lieu de découverte, de travail et de loisirs. Et ce, simplement parce que la voiture de demain est appelée à devenir une super forteresse de communications.

Peut-être comprenons-nous mieux, maintenant, pourquoi Google s’investit si lourdement dans le véhicule du futur.

Il serait dommage que nos constructeurs automobiles ratent ce virage déterminant pour l’avenir en ne prenant pas conscience, suffisamment tôt, de la mutation fondamentale que va devoir subir, très prochainement maintenant, la voiture automobile.

Il est vrai qu’en leur temps aussi les fabricants de diligences n’avaient pas senti arriver la révolution culturelle qu’allait apporter avec elle l’automobile. Or la révolution culturelle qui arrive avec la voiture du futur, entièrement automatique et hyper communicante est de même importance.

René TRÉGOUËT

Sénateur Honoraire

Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat

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  • Robert Delanoë

    23/07/2011

    il doit y avoir un marché ! nombre d'heures perdues dans les embouteillages

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