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La TNP sur mobile cherche son modèle économique

Les opérateurs de télécommunications, de réseaux, chaînes de télévision... avaient jusqu'au vendredi 19 mai pour répondre à la consultation lancée par le gouvernement le 27 avril, en vue de la révision de la loi de 1986 sur l'audiovisuel, et pour remettre leur contribution à Matignon en matière de télévision haute définition et de TNP (télévision numérique personnelle) ou télévision sur mobile.

Les trois grands opérateurs, Orange, SFR et Bouygues Telecom, proposent déjà la télévision sur mobile mais ce type de service reste très cher puisque le paiement se fait à la minute. SFR la facture ainsi de 10 à 25 centimes. Pour que la télévision "en mobilité" attire le plus grand nombre, elle doit par ailleurs, selon les opérateurs, évoluer en mode "broadcast", c'est-à-dire en continu et en direct. Et pour cela, elle doit gagner considérablement en qualité.

Cela implique, pour le gouvernement, de faire des choix structurants, de normes techniques, de mode de répartition des fréquences. En France, quatre expérimentations sont en cours, auxquelles participent Orange, SFR et Bouygues Telecom, avec TDF, TF1, Canal+ et M6. Une des solutions est la télévision hertzienne avec la norme DVB-H, qui permet de recevoir la télévision en direct sur son téléphone avec une qualité de son et d'image bien supérieure à ce qui existe aujourd'hui.

Les premiers tests réalisés montrent que les utilisateurs de la télé sur mobile souhaitent regarder la télévision quand ils veulent et où ils veulent. Mais qu'ils la regardent surtout... chez eux. Ce qui implique un réseau de diffusion dense - qui traverse les bâtiments - pour une couverture de qualité, dont le coût s'élèverait à quelques centaines de millions d'euros.

Selon Bouygues Telecom, le succès des offres sera conditionné par la présence de chaînes à forte notoriété. "Les utilisateurs veulent retrouver les chaînes qu'ils ont sur leur télévision "fixe"", affirme Benoît Louvet, directeur multimédia mobile.

Tout le monde s'accorde à reconnaître que le CSA devra attribuer les fréquences aux chaînes, et non à des bouquets satellitaires ou à des opérateurs de télécommunications. Selon une étude publiée en mars par le cabinet de recherche Jupiter Research, "l'engouement pour la télévision mobile existe, mais la majorité des consommateurs ne sera pas pour autant prête à payer, contrairement à ce que suggèrent les différents tests en cours".

En France, les clients "cobayes" s'affirment prêts à payer entre 5 et 10 euros par mois pour un forfait illimité de télévision mobile. Cet abonnement permettrait aux opérateurs de subventionner les terminaux mobiles, coûteux (environ 700 euros pour les tout premiers modèles), et de rémunérer les chaînes de télévision. "La télévision sur mobile ne sera pas un marché de masse avant plusieurs années, tempère cependant Jupiter Research. Trop d'inconnues affectent encore ce marché : choix du modèle économique, rôle et positionnement des acteurs le long de la chaîne de valeur, création d'un écosystème viable pour des contenus adaptés au mobile, allocation de fréquences et choix réglementaires."

LM

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