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Les télévisions partent à la conquête des internautes

Les chaînes de télévision européennes, comme américaines, inquiètes de voir une partie de leur public et de leurs recettes publicitaires migrer vers l'internet, partent à la conquête de ces "télénautes", multipliant les passerelles entre la télévision et le web. "Plus de 40% des Américains disposant d'un téléviseur sont connectés à l'internet, loin devant les Européens" (+ de 10% des foyers en France), a rappelé mardi un spécialiste du secteur, Gary Arlen, lors d'une conférence sur la convergence des médias au MIPCOM (marché international des programmes de télévision) à Cannes (sud). Une consommation qui se fait largement au détriment de la télé. Selon une étude réalisée pour l'Américain AOL, numéro un mondial des services en ligne, 43% de ces "surfeurs" du Net reconnaissent diminuer le temps passé devant le petit écran. Avec cette fuite d'audience, les télévisions voient aussi une partie de la manne publicitaire leur échapper. Aux Etats-Unis, tous les networks ont investi le Net, prolongeant ainsi leurs programmes d'information. Une démarche suivie par les fournisseurs de programmes de divertissement. Mais le web ne doit pas être simplement un outil de promotion au service des chaînes. L'essentiel, ont expliqué tous les intervenants, est d'encourager le téléspectateur, grâce à l'interactivité, à participer davantage" et "permettre par conséquent de dégager des revenus". Jeremy Thorp, directeur des services numériques du câblo-opérateur britannique NTL (dont France Telecom est désormais actionnaire), vient de lancer des services interactifs pour la télévision en Grande-Bretagne, sur les réseaux à large bande (à haut débit). "Nous travaillons avec plusieurs chaînes, notamment avec la chaîne MTV", a raconté M. Thorp. "Lorsque le téléspectateur regarde sa chaîne, une fenêtre à droite de son écran lui permet par exemple d'avoir des informations sur le clip en train d'être diffusé". "Le télespectateur-consommateur est aussi invité à acheter des disques et peut même demander à faire son propre programme. En clair, il s'agit de créer un environnement web sur la télévision", a-t-il dit. C'est le parti pris également du groupe Canal+ (chaine cryptée française), qui veut faire de l'interactivité son nouveau centre de profit. Selon Jean-Marie Messier, PDG du groupe Vivendi (actionnaire majoritaire de Canal+), "dans quatre ans, le chiffre d'affaires réalisé en Europe par une société de télévision interactive (ITV) sera de l'ordre de 20 milliards de dollars, provenant à 90% de la publicité et du commerce électronique et seulement à 10% des abonnements". A contrario, le web se prend de plus en plus pour un écran de télé, diffusant quantité d'images vidéo. En France, la société Canalweb, fondée par l'ex-patron de "Courrier International", Jacques Rosselin, a choisi ce créneau. Mais les problèmes de congestion sur le réseau sont loin d'être réglés. Pour la majorité des intervenants à cette conférence, "c'est le câble à haut débit qui est le mieux placé" pour réussir. Le géant américain des télécommunications AT and T voit lui aussi plus loin avec la télévision interactive et Internet. Avec le rachat de TCI (câble) en mars dernier, ATT a trouvé dans sa corbeille la société At Home, un réseau qui offre un accès à l'internet à haute vitesse. Pour Jamie Howard, de "At Home" Pays-Bas, "il faut surtout pouvoir passer d'une plate-forme à une autre, du PC au téléphone portable en passant par la télévision".

AFP : http://fr.news.yahoo.com/991007/32/6kxb.html

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