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La télévision par ADSL va-t-elle tuer le câble ?

Le câble français est sinistré comme le révèle une récente étude commandée par l'Autorité de régulation des télécoms. Pour des raisons tant structurelles que conjoncturelles, les câblo-opérateurs hexagonaux (Noos, NC Numéricâble, FTC) font presque tous face à la volonté de leurs principaux actionnaires de s'en retirer pour ne plus à avoir à en financer les déficits d'exploitation chroniques. Plutôt mal conçu dès le départ, puis concurrencé par les deux plates-formes de télévision par satellite, le "Plan câble" français avait fini par redresser la tête car il se révélait être une des rares technologies permettant à la fois de distribuer des programmes de télévision et d'établir des connexions à Internet. Grâce au haut débit, le câble retrouvait un intérêt certain, même si ce fut au prix d'investissements importants pour numériser les réseaux. C'est pourquoi l'émergence de la télévision sur les réseaux ADSL est tout sauf une bonne nouvelle pour les câblo-opérateurs. Car voilà une technologie qui permet elle aussi d'accéder à la fois à Internet et à la télévision. En effet, les solutions techniques sont sur le points d'être validées. Les débits offerts par l'ADSL, qui devraient progresser vers les 1 024 Kbits/s, s'avèrent suffisants pour transporter des fichiers vidéo toujours plus compressés à qualité égale, via notamment les codecs Windows Media 9 et DivX. Les DSLAM (les répartiteurs qui filtrent les signaux voix et données) de dernière génération offrent des fonctions de duplication des programmes et optimisent la répartition de la charge sur le réseau. Et la diffusion en multicast économise la bande passante. Des terminaux DSL/décodeurs relieront le poste de télévision à la prise téléphonique et permettront ainsi de se passer d'ordinateur, intermédiaire rebutant pour nombre de foyers. Et ce n'est pas seulement "sur le papier", puisque les expérimentations - dans les Hauts de Seine ou à Monaco - montrent qu'il est déjà possible de diffuser des programmes de télévision en qualité numérique, tout comme de proposer des services de vidéo à la demande. Dans le monde, selon une étude du cabinet NPA, ce sont 400.000 foyers qui reçoivent d'ores et déjà la télévision par le réseau téléphonique. La menace est d'autant plus directe que les zones desservies par le câble et l'ADSL sont les mêmes, à savoir les zones urbaines denses (villes grandes et moyennes). Et elle est d'autant plus palpable que ce développement technologique est surveillé de près par de sérieux parrains. Il y a quelques semaines, le gouvernement a réuni les principaux industriels français de la high-tech, et la télévision sur ADSL eut une part importante dans les discussions. Il y avait là Alcatel - numéro un mondial des équipements ADSL -, Thomson - qui construit des décodeurs qui peuvent aussi servir de modems -, France Telecom- dont le réseau ADSL couvrira 85 % de la population d'ici à fin 2004 - et enfin TF1 - trop content de promouvoir une technologie susceptible de faire pièce à la télévision numérique terrestre. La force de frappe et la capacité de lobbying de ces poids lourds pourrait s'avérer décisive et donner le coup de grâce au câble, qui attend toujours désespérément qu'interviennent des modifications réglementaires ouvrant la voie à une consolidation du secteur. Au cours de cette rencontre Serge Tchuruk , Président d'Alcatel a évoqué le faible coût relatif de la télévision sur ADSL qui nécessiterait 600 à 1.000 euros "tout compris" pour l'équipement de chaque abonné. Les études montreraient que les foyers seraient prêts à dépenser 35 à 40 euros de plus par mois pour avoir des services multimédias. Patrick Leleu, directeur général du câblo-opérateur Noos (groupe Suez, s'est montré sceptique sur l'ADSL en mettant en doute le modèle économique. "Certains comptent sur France Télécom et le ministère des finances pour financer le développement du réseau", a-t-il ironisé. Rodolphe Belmer, directeur du marketing et de la stratégie de Canal Plus (Vivendi Universal), a également insisté sur les aspects économiques. Il a indiqué qu'un décodeur ADSL était proposé actuellement entre 300 et 500 euros contre 150 euros pour le satellite et que la location de la bande passante coûtait dix fois plus cher que pour l'offre satellitaire. Dans ce nouveau paysage audiovisuel et numérique en plein bouleversement, il reste à définir un nouveau cadre réglementaire équilibré, équitable et évolutif, ce qui ne sera pas simple. Il faudra notamment décider quel acteur fournira les services de voix, Internet et télévision ? L'opérateur téléphonique, le FAI ou le diffuseur audiovisuel ? Et sous quel statut ? D'autre part, quelle instance sera chargée de contrôler ce marché, l'ART ou le CSA ? Autant de questions et de choix déterminants qui devront faire l'objet d'un vrai débat démocratique et être finalement tranchés à l'occasion de l'examen prochain par le parlement de la loi très attendue sur l'économie numérique.

Brève rédigée par @RT Flash

Tribune : http://www.latribune.fr/Tribune/Articles.nsf/

Vunet :

http://www.vnunet.fr/actu/article.htm?numero=10792&date=2003-03-21

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