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Le successeur du code-barre débarque aux Etats-Unis

Des puces informatiques de la taille d'une pointe de stylo et de minuscules antennes vont faire leur apparition cette année sur les emballages de produits vendus dans les épiceries et les pharmacies aux Etats-Unis. D'ici vingt ans, les experts estiment que cette nouvelle technologie baptisée "identification par fréquence radio" (RFID) devrait remplacer les codes-barres. La RFID transmettra des informations au commerçant, au fabricant et au consommateur. Un employé d'épicerie saura par exemple immédiatement si le lait vendu en rayon a passé la date de péremption avant que le client puisse l'acheter. Les magasins pourraient rapidement retirer des rayons les produits qui sont rappelés par le fabricant parce qu'ils sont impropres à la consommation ou présentent un défaut, ce qui serait particulièrement utile pour les médicaments. "Cela vous aidera à gérer beaucoup mieux votre inventaire", souligne Todd Andrews, porte-parole de la chaîne de pharmacies CVS, basée à Rhode Island, qui testera bientôt le système pour les médicaments vendus sur ordonnance. Les 4.000 enseignes CVS vendent des millions de médicaments sur ordonnance chaque année, mais de nombreux clients oublient de passer les prendre. "Avec la technologie RFID, le produit pourra peut-être 'dire': 'je suis ici depuis 10 jours et on n'est pas encore venu me chercher.' on pourra alors appeler le client", explique M. Andrews. La technologie reprend celle du code-barre, qui lorsqu'il est lu au scanner, permet au fabricant et au détaillant de suivre leurs inventaires. Une minuscule puce et une fine antenne fixées à une bouteille, une boîte, une conserve ou un paquet alerteront les vendeurs et les fournisseurs lorsqu'un produit est retiré d'un rayon ou d'un entrepôt. Un signal radio est envoyé à un lecteur électronique, qui livre ensuite un message à un ordinateur installé au magasin ou à l'usine. CVS et les sociétés Procter and Gamble et Gillette sont parmi les 100 entreprises qui ont investi 15 millions de dollars dans la recherche sur cette technologie. La RFID n'est pas nouvelle. Le système est déjà utilisé sur les cartes de sécurité que l'on passe devant un récepteur pour déverrouiller une porte ou qui permettent à un agent de sécurité d'avoir des informations sur son possesseur. Reste que les défenseurs du respect de la vie privée s'inquiètent déjà d'un risque de dérive. Marc Rotenberg, directeur exécutif de l'organisation Electronic Privacy Information Center, estime ainsi que les détaillants devraient avoir l'obligation de désactiver le système avant que le consommateur quitte le magasin. "Je ne pense pas que les gens veulent que leurs vêtements les espionnent", souligne-t-il. "Il est également clair qu'il pourrait y avoir des utilisations très envahissantes de cette technique si le commerçant l'utilise pour espionner ses clients après l'achat." Les chercheurs mettant au point des étiquettes RFID ont jusqu'ici limité la portée de détection des produits. Mais l'un d'eux, Sanjay Sarma, note qu'en ajoutant plus de fonctions sur la puce et en installant une batterie et une antenne plus longue, un récepteur pourrait lire sur une longue distance toute l'information contenue sur une puce, et connaître sa localisation géographique exacte. Les foyers équipés de récepteurs-lecteurs pourraient alerter leur propriétaire lorsque tel ou tel produit vient à manquer ou qu'un médicament est sur le point d'atteindre la date de péremption. Reliés à Internet, ils pourraient également renseigner les fabricants sur les habitudes de consommation de la famille.

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