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Stocker le CO2 pour combattre l'effet de serre et extraire des hydrocarbures

Le stockage à grande profondeur du gaz carbonique (CO2), le principal gaz à effet de serre, pourrait permettre non seulement de combattre le réchauffement planétaire, mais aussi de prolonger l'exploitation du pétrole de la mer du Nord.C'est le pari du gouvernement néerlandais, qui a retenu à cet effet un projet de Gaz de France, présenté à la presse à l'occasion du démarrage en avril de sa phase pilote. La compagnie nationale française exploite depuis 1987 un gisement de gaz néerlandais, situé sous le plancher océanique, K12-B, qui sera bientôt épuisé. Le gisement, dont la teneur en CO2 est de 13%, se trouve à une centaine de km de la côte des Pays-Bas.

Le projet vise à capturer le CO2 à la source, après séparation des autres effluents composant le gaz naturel et, au lieu de le laisser s'échapper dans l'atmosphère, à l'injecter à quelque quatre kilomètres de profondeur dans un puits désaffecté du gisement. Une fois épuisé, le gisement tout entier servira de site de stockage et sera utilisé pour enfouir du CO2 extrait de champs gaziers avoisinants. Innovation majeure, le CO2 pourrait être déterré ultérieurement et acheminé par gazoduc jusqu'à des gisements pétroliers de mer du Nord en vue de prolonger leur vie ou de les remettre en service.

Le CO2 injecté dans un puits de pétrole "a en effet pour propriété de fluidifier le brut" et d'augmenter la pression existant naturellement au fond du gisement, explique Gilbert Meunier, expert de GDF. Il facilite ainsi le déplacement du brut et son extraction. A ce stade l'injection de CO2, préalablement séquestré en profondeur, dans un gisement de brut "n'est qu'une idée, elle supposerait déjà qu'on ait constitué un stock significatif de CO2", relève M. Meunier. La phase pilote du projet permettra d'enterrer 10.000 tonnes de CO2 en six mois, voire le double si elle est prolongée pendant un an.

La phase industrielle, à partir de 2005, permettra d'exploiter des petits gisements de gaz off-shore néerlandais, dont la teneur en CO2, trop forte, empêche actuellement la mise en valeur. A plein régime 480.000 tonnes de CO2 pourront être stockées chaque année. La construction d'un gazoduc sous-marin d'une centaine de kilomètres vers les champs de pétrole britanniques les plus méridionaux pourrait être envisagée à l'horizon 2010. Elle arriverait à point nommé alors que ces gisements sont en voie d'épuisement. "Il y a actuellement des discussions sur une meilleure récupération du pétrole grâce à ce CO2, mais pas encore de projet viable", indique Wilhelm van Grootheest, de l'Agence néerlandaise de l'environnement Novem. "Les conduites sont très coûteuses et il nous faudra peut-être encore attendre cinq ans", ajoute-t-il.

Il y a plusieurs expériences en cours du stockage du CO2 et il y a déjà des techniques commerciales pour améliorer le taux de récupération du pétrole, rappelle un expert en technologies de l'Agence internationale de l'énergie, Jacek Podkanski. Le stockage du CO2 dans un ancien gisement gazier et la récupération améliorée du pétrole avec ce CO2, ce sera "une double première". A Sleipner, un gisement de gaz off-shore norvégien en mer du Nord, un million de tonnes de CO2 sont stockées chaque année depuis 1996 dans une nappe d'eau salée située à 1.000 m sous le plancher océanique. A Weyburn (Saskatchewan, Canada), du CO2, capté dans une usine de gazéification du charbon du Wyoming (Etats-Unis) et transporté par gazoduc sur 300 km, est stocké dans une partie désaffectée d'un gisement de pétrole en exploitation.

AFP :

http://fr.news.yahoo.com/040212/202/3n3sl.html

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