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Le solaire thermique fait son chemin

"Le solaire, cela pourrait remplacer le marbre dans l'entrée." Jamais à cours d'images, Alain Maugard, président du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), est persuadé que cette énergie renouvelable peut devenir un signe extérieur de richesse. Sans doute plus valorisant, pour celui qui l'exhibera, qu'une berline énergétivore.

"Nous sommes sortis de l'ère des pionniers", veut croire Michèle Pappalardo, présidente de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Les deux organismes, qui ont signé jeudi 5 février un nouvel accord pour renforcer leur coopération, inauguraient le même jour des laboratoires solaires sur le site du CSTB, à Sophia-Antipolis (université de Nice). L'énergie solaire thermique - celle qui produit de l'eau chaude, et non de l'électricité - ne serait-elle plus tout à fait une utopie ? Quiconque a laissé un tuyau d'arrosage au soleil une journée d'été connaît la température de l'eau qui sort du robinet. Mais, entre cette forme rustique de chauffage solaire thermique et la production fiable et économique d'eau chaude, il y a un pas que peu ont encore franchi.

Selon l'Ademe, le prix d'un chauffe-eau solaire, équipé de 4 m2 de capteurs et d'un ballon de 200 à 300 litres (trois ou quatre personnes), est compris entre 3 000 ? et 5 000 ?, pose incluse. Les aides et subventions peuvent couvrir jusqu'à 40 % de ce coût. Mais l'amortissement de l'installation ne doit pas être espéré avant une vingtaine d'années. L'achat d'un tel équipement est encore une question de conviction.

En France, le plan Soleil 2006 de l'Ademe a favorisé l'installation en métropole de quelque 86 400 m2 de capteurs entre 2000 et 2003. Selon le Livre blanc de l'énergie émanant du ministère de l'industrie, c'est un million de mètres carrés de capteurs qu'il faudra installer chaque année après 2010 si la France veut respecter une directive européenne imposant de parvenir à 21 % d'énergies renouvelables à cette échéance...

Fin 2002, l'Hexagone comptait 670 000 m2 de capteurs, alors que l'Allemagne - où les subventions sont élevées - en totalisait 4,7 millions, loin devant la Grèce (2,8 millions) et l'Autriche (2,5 millions), sur un total de 13 millions de mètres carrés en Europe."Il ne faut pas chercher l'exploit, mais des solutions robustes", commente Alain Maugard, qui rêve de bâtiments à énergie positive, capable de produire plus de calories et de frigories qu'il n'en consomme. Mais, prévient-il, "le logement ne peut être un terrain d'expérimentation, sauf à risquer de disqualifier pour longtemps une technologie". Ainsi des études ont-elles montré que le solaire thermique a parfois déçu, pour des questions d'entretien et de maintenance.

Tous les ingrédients semblent réunis pour un décollage de cette énergie : outre les incitations financières, les pouvoirs publics ont prévu une politique de certification des matériels et des installateurs : il y a presque autant de chauffagistes adhérents à la charte "Qualisol" (4177) qu'il y a eu de capteurs installés en 2003 (5 300) ! Jusqu'à EDF et GDF, qui, à l'approche de l'ouverture du marché de l'énergie, intègrent le solaire dans leurs offres pour les rendre plus attractives.

Le Monde :

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3238

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