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Premier drone européen militaire en 2015

Doté des techniques les plus pointues pour suivre les mouvements d'un ennemi insaisissable, Advanced UAV, le superavion sans pilote, développé par la société européenne EADS, aurait peut-être pu avertir nos soldats de l'embuscade du col d'Uzbeen, en Aghanistan, dans laquelle dix d'entre eux ont laissé la vie, le 18 août dernier. Mais ce drone révolutionnaire, conçu pour évoluer dans l'espace aérien civil - et donc capable d'éviter les avions pilotés dans les couloirs aériens, ce qui est une grande première - ne volera au plus tôt qu'en... 2015.

Pour l'heure, le programme vient d'être engagé par les ministres de la Défense de la France et de l'Allemagne, en attendant l'Espagne qui devrait suivre d'ici à la fin du mois. La commande, prévue pour 2009 (même si l'État se réserve une solution de repli avec le drone Heron TP de Dassault Aviation et de l'israélien IAI) portera sur une quinzaine d'appareils avec leurs stations de commande au sol pour les trois pays. Soit, au total, un investissement colossal d'un milliard d'euros.

L'intérêt de l'Advanced UAV est triple. Son autonomie de vingt-quatre heures, tout d'abord, lui permet de décoller d'Europe pour des missions consistant, par exemple, à surveiller les razzias d'une tribu au Darfour ou les embarcations de fortune qui se dirigent vers les îles Canaries. Une fois arrivé à destination, il peut rester douze heures sur zone à faire des cercles ou des rectangles dans le ciel afin de recueillir le maximum d'informations qui serviront soit à déclencher des représailles, soit à alerter les secours, avant de rentrer au bercail.

Cette autonomie phénoménale résulte de son envergure, 26 mètres pour un poids de 6 tonnes au décollage (soit autant qu'un Airbus A 320, mais avec une masse douze fois supérieure !), qui fait ressembler l'Advanced UAV à un immense planeur doté de deux réacteurs de jet.

Ensuite, ce drone high-tech possède un radar à balayage électronique, installé sur son ventre, qui est associé à une boule électro-optique placée, elle, dans son gros nez (ce qui lui donne un air d'«avion clown»). Ces équipements ultra-performants sont capables de détecter, depuis une altitude de 50 000 pieds (environ 15 000 mètres), sur des carrés de 10 km à 100 km de côté, les moindres mouvements au sol de véhicules comme de soldats ennemis, et de communiquer les informations en temps réel par l'intermédiaire de satellites de télécommunication.

Conçu par Thales, EADS Defence Elecronics et l'espagnol Indra, ce radar à balayage électronique, dont certains avions Rafale commencent à être équipés, est une innovation en soi. Doté d'une vision panoramique à 360 degrés et capable de travailler dans tous les modes possibles (maritime, terrestre), il est beaucoup plus performant qu'un système mécanique avec antenne tournante.

Figaro

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