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Plus les chercheurs sont âgés, plus ils sont créatifs

Une étude américaine montre que les scientifiques nobelisés sont de plus en plus vieux.

«On a longtemps pensé que les gens étaient plus innovants au début de leur vie», explique Benjamin Jones, de l'Université Northwestern (Illinois, Etats-Unis). Mais une étude réalisée par ce chercheur américain montre que cette idée reçue sur le vieillissement n'était plus du tout applicable aux meilleurs chercheurs de la planète: les lauréats des prix Nobel en médecine, physique, chimie et économie.

D'après Benjamin Jones et son collègue Bruce Weinberg de l'Ohio State University, l'âge moyen des lauréats quand ils ont réalisés les travaux qui leur ont valu la récompense scientifique suprême ne cesse de croître. De 1901 à 1960, la moitié des Nobel de Chimie avaient réalisé leurs travaux les plus importants avant d'avoir 40 ans. Depuis 1960, la tendance s'est inversée et les lauréats sont de plus en plus nombreux à avoir fait leur grande découverte après la quarantaine et la cinquantaine.

Ces statistiques sont d'une certaine mesure une surprise, et font mentir la plupart les travaux de neurobiologie qui étudient les effets du vieillissement sur le cerveau.

  • Des recherches de plus en plus pointues

Pour les chercheurs, deux facteurs peuvent aider à comprendre cet apparent paradoxe. Le premier, c'est que les études scientifiques deviennent de plus en plus longues, avec des doctorats plus poussés et des longues périodes de post-doctorat avant de pouvoir devenir un scientifique attitré. Cette tendance, qui se retrouve aussi dans d'autres domaines que la science, s'explique notamment que la recherche de pointe est de plus en plus spécialisée et nécessite des études de plus en plus pointues avant d'être opérationnel dans un domaine.

Le deuxième facteur mis en avant parles auteurs de l'étude publiée dans les Comptes rendus de l'académie américaine des sciences (PNAS) est dû au fait que les prix Nobel sont de moins en moins décernés pour des travaux théoriques mais de plus en plus pour des recherches expérimentales. Les esprits jeunes, non figés dans les idées reçues d'une discipline existante sont potentiellement plus créatifs pour élaborer des théories nouvelles, mais sont désavantagés pour réaliser des expérimentations de plus en plus complexes pour lesquelles l'expérience des chercheurs plus âgés est un avantage considérable.

Pour Roald Hoffmann, le chimiste américain qui a reçu le prix Nobel en 1981 pour des travaux qu'il avait réalisé avant d'avoir trente ans, cette étude n'est pas une surprise: «Ma mémoire n'est peut-être pas aussi bonne qu'avant, mais j'ai une meilleure intuition, affirme le scientifique. Je fais maintenant bien mieux le lien entre des éléments différents que quand j'étais jeune.»

Le Figaro

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