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Les particules émises par le Diesel éliminées par un additif

Les fumées noires, toxiques et nauséabondes, des véhicules Diesel ne seront bientôt plus qu'un mauvais souvenir. De gros progrès ont déjà été réalisés depuis une dizaine d'années avec la généralisation des moteurs à injection directe puis l'introduction, dans les pots d'échappement, de filtres à particules rendus obligatoires sur les véhicules Diesel neufs commercialisés depuis le 1er janvier 2010 (norme Euro 5).

Mais un cap décisif a été franchi avec la mise au point par le groupe chimique Rhodia, en partenariat avec PSA (Peugeot-Citroën), d'un nouvel additif carburant capable d'éliminer 99 % des particules émises par les moteurs Diesel. Ces résidus de combustion sont l'une des principales sources de pollution atmosphérique urbaine. Leur petite taille (entre 0,1 et 0,3 mm de diamètre) leur permet notamment de pénétrer profondément à l'intérieur des poumons, jusqu'aux alvéoles, où elles provoquent des pathologies respiratoires (asthme, bronchite chronique et probablement des cancers).

C'est donc tout naturellement que ce produit «vert», baptisé Eolys Powerflex, vient d'être primé par le jury du prix Pierre-Potier. Cette distinction, créée en 2006 par le ministre de l'Industrie de l'époque, François Loos, la Fédération française des sciences pour la chimie (FFC) et l'Union des industries chimiques (UIC), est destinée à récompenser «l'innovation en chimie en faveur du développement durable». En clair, des produits ou des procédés «plus sûrs, plus écologiques, mieux recyclés et faisant moins appel aux ressources fossiles (pétrole, charbon, minerais… )». Eolys Powerflex associe deux composés : un catalyseur oxydant à base de fer (matière première abondante et bon marché) qui régénère le filtre à particules en éliminant les dépôts de suie carbonées et un «détergent» destiné à éviter l'encrassement du moteur, notamment lorsque le gazole est mélangé à des biocarburants (esters méthyliques d'huile végétale).

«Un seul litre d'Eolys Powerflex stocké dans un petit réservoir dédié suffit pour couvrir 150.000 km», explique Virginie Harlé, chef de projet chez Rhodia qui précise que ce dispositif équipe déjà 1,5 million de véhicules Diesel vendus par PSA en Europe depuis janvier 2010. L'automobiliste ne s'occupe donc de rien : tous les 500 à 700 km, une dose infime d'additif est mélangée automatiquement au carburant en vue de nettoyer le filtre à particules. «L'opération ne durant que 5 minutes, le système est parfaitement adapté aux trajets urbains ou de courte durée», poursuit Mme Harlé. Et comme elle se déroule à basse température, le surcroît de consommation de gazole n'est que de 1 % contre 5 % avec le dispositif concurrent CSF (filtre catalysé).

Le Figaro

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