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Le numérique au secours du cinéma

Alors que la Croisette s'enflamme et que les flashs des photographes crépitent à l'arrivée des stars, Cannes est le théâtre d'un autre événement important pour le monde du cinéma : le Marché international des techniques et de l'innovation du cinéma (MITIC). Depuis toujours les développements technologiques ont été des alliés essentiels pour les réalisateurs, qui ont ainsi pu mettre en images leurs idées avec de plus en plus de précision. Les effets spéciaux numériques ont pris au cours des dernières années une place déterminante dans les diverses productions. Si l'on compare, par exemple, le premier Godzilla (Tôhô, 1954) réalisé par le Japonais Honda Inoshirô et le remake mis en scène quarante-quatre ans plus tard par Roland Emmerich (Columbia, 1998), on mesure l'immense pas en avant auquel les technologies numériques ont contribué. Il suffit aussi d'observer attentivement le dernier film de Jean-Pierre Jeunet, Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (Gaumont, 2001), pour appréhender leur apport considérable dans la construction même du scénario. Au-delà des effets spéciaux que des machines comme celles de Silicon Graphics ont portés à leur sommet dans Jurassic Park (Universal, 1993), de Steven Spielberg, le numérique est de plus en plus présent au niveau des caméras elles-mêmes. Au MITIC, on verra ainsi la désormais fameuse caméra numérique Sony 24P que le Français Pitof, complice de Jean-Pierre Jeunet, a utilisée pour la première fois pour réaliser Vidocq (sortie prévue le 19 septembre 2001), imité par George Lucas pour la suite de La Guerre des étoiles . Si les tournages en tout-numérique font encore figure d'exception, il est évident qu'ils finiront par s'imposer en raison de l'extrême souplesse de ces appareils. A Los Angeles, Robert Zemeckis, célèbre metteur en scène de Forrest Gump (Paramount, 1994), vient d'ouvrir un centre de formation dont l'objectif est d'enseigner toutes les nouvelles techniques liées à la réalisation en numérique, illustrant ainsi une prise de conscience chez certains cinéastes de l'importance des nouvelles technologies. La distribution des films est également à l'honneur au MITIC. Boeing Digital Cinema, société californienne, proposera ainsi un système permettant aux exploitants de salles de télécharger des films par satellite ou par le câble et de les diffuser numériquement. Aux Etats-Unis, l'expérience a été menée avec succès par AMC Theatres, l'une des principales chaînes de distribution outre-Atlantique, permettant ainsi de réaliser des économies conséquentes (jusqu'à 75 % des coûts de distribution si l'on en croit les responsables de la technologie). Il faut s'attendre à de profonds bouleversements dans les années à venir dans tous les secteurs cinématographiques, de la production à la distribution. Et, si l'on peut imaginer que les gros studios vont en profiter pour s'imposer encore davantage, il ne faut pas oublier que le numérique offre aussi une chance plus grande aux réalisateurs les moins riches. Car c'est une technologie beaucoup moins onéreuse que les produits traditionnels. L'exemple de Blair Witch Project (Artisan Entertainment, 1999) en est l'illustration la plus frappante. Reste à assurer à ces “petites” productions une distribution décente, ce qu'à terme Internet pourra offrir.

Courrier international :

http://www.courrierinternational.com/actual/multimedia.asp

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