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Un nouvel élan pour l'Europe de la recherche

Est-on en train d'assister à la naissance de l'Europe de la science ? À un événement comparable par son ampleur à ce que fut la création, à la fin des années cinquante, de la Communauté économique du charbon et de l'acier, ancêtre du marché commun et de la politique agricole commune ? Initiateur, en janvier 2000, du projet de construction de l'Espace européen de la recherche, le commissaire européen à la Recherche, Philippe Busquin, en est convaincu.

« Plus encore que celui qui vient de s'achever, le XXIe siècle sera celui de la connaissance. Mais l'Europe ne pourra relever ce défi que si elle s'organise », a-t-il déclaré lundi lors de la conférence de lancement du sixième programme cadre de recherche et développement (PCRD), qui se tient jusqu'à ce soir au palais des expositions du Heysel à Bruxelles. Y participent plus de 8 700 chercheurs, industriels et décideurs, venus des quatre coins d'Europe mais aussi du reste du monde. Jamais, depuis sa création, une manifestation organisée par la Commission européenne n'avait connu une telle affluence. Spécialement conçu pour être un « levier » au service de ce projet fédérateur et ambitieux, le 6e PCRD, qui débutera le 1er janvier 2003 pour une durée de quatre ans, tranche singulièrement avec les précédents, notamment en termes de moyens. Son budget, en hausse de 17 % par rapport à l'exercice 1998-2002, s'élève à 17,5 milliards d'euros. Fait nouveau, les pays candidats pourront en bénéficier comme s'ils étaient déjà membres à part entière de l'Union. Ces fonds auront pour principale mission de « catalyser les initiatives (et) éviter la fragmentation et le double emploi » des moyens humains et financiers engendrés par les frontières nationales. Près de 12 milliards d'euros seront consacrés à sept domaines clés (voir infographie). En outre, 1,3 milliard d'euros seront réservés à des activités couvrant des champs de recherche plus vastes. Le succès de l'opération semble d'ores et déjà acquis : les services de la Commission européenne ont en effet reçu plus de 12 000 réponses à l'« appel de manifestation d'intérêt » lancé il y a quelques mois. Pour bénéficier de ces fonds, deux nouveaux instruments sont créés : d'un côté les réseaux d'excellence destinés à renforcer et à pérenniser les liens entre les laboratoires universitaires et les organismes de recherche européens ; de l'autre, les projets intégrés dont le rôle consiste à aider différents partenaires (laboratoires, entreprises et autres) à atteindre une masse critique suffisante pour mener à bien un projet de recherche comportant des objectifs clairement identifiés. Plus question de faire du « saupoudrage », comme lors du précédent PCRD, où la Commission européenne a financé la bagatelle de 22 000 projets. Lors de la prochaine édition, ce nombre sera divisé par quatre ou cinq. Davantage d'intégration, de vision et de coopération à long terme ; donc moins d'alliances de circonstance, sont aujourd'hui les maîtres mots. Autre fait marquant, la recherche fondamentale, précédemment exclue du PCRD, pourra bénéficier de subsides conséquents, notamment au travers des réseaux d'excellence. D'après le premier examen des 12 000 propositions parvenues à la Commission, les laboratoires français seraient leaders sur ce créneau. En outre, 2,6 milliards d'euros seront spécialement affectés à la structuration de l'Espace européen de la recherche, notamment pour encourager la mobilité des chercheurs, grâce aux bourses Marie-Curie, dont les crédits seront doublés. La construction de cette Europe de la science ne peut néanmoins se concevoir sans une augmentation significative des dépenses de recherche des pays de l'Union. Lors du Conseil européen de Barcelone au mois de mars, les chefs d'État et de gouvernement des Quinze se sont fixés pour objectif d'atteindre les 3 % du produit intérieur brut d'ici à 2010. Pour l'heure, avec 1,9 % seulement, contre 2,7 % aux États-Unis et 3 % au Japon, l'Union européenne est bien loin du compte, en partie du fait de l'insuffisance de l'investissement privé dans la recherche. Le 6e PCRD, qui consacrera 430 millions d'euros au soutien des projets soumis par les PME et PMI, devrait contribuer à combler ce retard.

Figaro : http://www.lefigaro.fr/sciences/20021113.FIG0187.html

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