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Les nouveaux défis de la chirurgie de la main

"Le problème n'est pas tant de réparer une main, que de lui restituer toutes ses fonctions et une certaine esthétique, en tenant compte des impératifs de chacun", explique le Professeur François Moutet, chef du service de chirurgie de la main au CHU de Grenoble. "En effet, rien ne sert de récupérer une main si elle a perdu toutes ses facultés à nous servir d'outil. Et cela ne vaut guère mieux si on n'ose plus la sortir de sa poche, en raison de son aspect esthétique."

Or les enjeux ne sont pas les mêmes selon qu'il s'agit d'une jeune femme très motivée pour retrouver une main quasi normale et prête à suivre des mois de rééducation, ou d'un homme qui n'a que faire de son annulaire sectionné car il doit reprendre son travail sous 48 heures. Dans ce dernier cas, l'amputation du doigt est sans doute la meilleure solution et c'est pourquoi, avant de prendre quelque décision que ce soit, les besoins et les attentes de l'accidenté de la main sont soigneusement évalués.

Lorsque la solution retenue est la réparation, il faut d'abord opérer. C'est l'affaire de quelques heures, car sur le plan chirurgical, cela fait longtemps que les spécialistes de la main maîtrisent correctement la technique. Récemment, elle n'a pas connu de grande révolution, mais plutôt de multiples petits progrès : fils de sutures de plus en plus fins, colles biologiques, neurotubes pour guider la repousse des nerfs, anesthésie locorégionale qui permet de recueillir l'avis du patient au fur et à mesure de la réparation, etc.

Et toutes ces petites avancées, mises bout à bout, finissent par compter. Il existe enfin une vraie reconnaissance de cette «surspécialité» qui fait que la formation des chirurgiens souhaitant se qualifier dans ce domaine est devenue très pointue. Encore un vrai «plus» pour les accidentés de la main. «Pour autant, les chirurgiens ne sont pas des créateurs, mais des réparateurs, rappelle le Professeur Moutet. Ainsi, ils ne peuvent pas refaire une main parfaite. Ils peuvent seulement s'en approcher.» C'est pourquoi il faut vraiment tout faire pour prévenir l'accident. Et lorsqu'il survient, avoir les bons réflexes…

Tout compte, depuis les premiers gestes de secours jusqu'à la prise en charge par une équipe parfaitement formée. Alors en pratique, comment s'y prendre ? Tout dépend de la gravité de la lésion : pour une entaille peu profonde ou une brûlure superficielle, l'avis du généraliste suffit. Si l'on craint une atteinte d'un tendon, d'un muscle ou d'un os, notamment parce que la douleur ne cède pas dans le quart d'heure ou que la mobilité est diminuée ou douloureuse, l'avis d'un urgentiste dans un service d'accueil des urgences est préférable.

Mais en cas de plaie profonde, d'arrachement, de section ou de choc violent au niveau d'une main, de doigts ou de phalanges, on a beaucoup à gagner à être pris d'emblée en charge par un centre spécialisé de la main. Composer le numéro du Samu (le 15) est enfin le seul bon réflexe à avoir lorsqu'on est sous anticoagulant ou encore en cas d'amputation au-dessus du poignet, car il y a alors un risque d'hémorragie importante et il faut ­faire venir les secours d'urgence pour une prise en charge rapide et efficace.

"À côté de cela, il faut tout faire pour préserver les tissus malmenés en commençant par récupérer tout ce qui peut l'être", précise le Docteur Thierry Dréano (SOS Mains, CHU Rennes). "En cas de plaie profonde ou d'arrachement ou de section, il faut d'abord laver longuement sous l'eau du robinet (quelques minutes, mais sans frotter) et si cela saigne, faire un pansement compressif avec du linge propre - à défaut de compresse stérile - mais surtout pas de garrot. Le ou les fragments sectionnés doivent être placés dans un sac étanche, lui-même posé sur de la glace (un tiers de glace pour deux tiers d'eau)." Il n'y a pas de temps à perdre : «Au-delà de six heures de délai entre l'accident et l'intervention chirurgicale, les chances de récupération sont moins bonnes», insiste le Docteur Patrick Leps (SOS Mains, Lille Sud).

Le Figaro

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  • mona

    20/10/2014

    Les progrès de cette chirurgie sont stupéfiants.
    Mona de Med http://www.medespoir.com

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