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A Nice, les étudiants en médecine entrent dans l'ère de la simulation électronique

Allongé sur un lit, un patient secoué d'une toux déchirante. Autour de lui, des étudiants en médecine un peu perdus mais pas affolés : la scène est un exercice de simulation sur un mannequin bourré d'électronique. Les étudiants en médecine de l'université de Nice ont découvert cette semaine le nouveau centre de simulation médicale de leur établissement, un dispositif d'apprentissage unique en France, selon le doyen de la faculté Daniel Benchimol.

Chacune des trois salles du centre reproduit l'univers hospitalier, avec ses instruments médicaux, ses écrans de contrôle sur lesquels s'affichent la tension, l'état de saturation respiratoire, l'électrocardiogramme du malade.

Seul le patient est faux. Encore que ... De ce mannequin à la technologie avancée, les étudiants peuvent prendre le pouls, écouter la respiration, voir le torse se soulever en fonction de l'évolution de son état.

Dans la même salle, derrière une glace sans tain, un professeur de médecine imagine les scénarios cliniques - crise d'asthme, infarctus, hémorragie - qu'il veut proposer aux apprentis-médecins et en transmet les paramètres aux appareils de la salle reliés à son ordinateur. C'est également sa voix qu'entendent les étudiants dans la bouche du patient qui peut ainsi répondre aux questions, signaler un point douloureux, etc ...

"Nous avons défini un certain nombre de situations-clés qui balaient tous les cas auxquels les étudiants peuvent être confrontés à l'hôpital. La simulation nous offre ainsi un apprentissage beaucoup plus complet que les stages durant lesquels ils peuvent ne jamais rencontrer telle ou telle pathologie", explique le professeur Benchimol.

"En stage, les médecins n'ont pas toujours le temps, comme ici, de nous présenter la totalité du cas d'un patient, avec tous les examens, tous les bilans. En simulation, on a le temps de se poser les bonnes questions", confirme Romain Rozier, en troisième année de médecine.

Laura Gagliardi, 20 ans, observe ses camarades tortiller leurs stéthoscopes, intimidés par la respiration fuyante du mannequin. "Je ne pensais pas que ce serait si réaliste", avoue-t-elle. "Des études ont prouvé que des étudiants ayant bénéficié de la simulation gagnent un an sur ceux passés par l'apprentissage traditionnel. Aux Etats-Unis, les taux de maladies nosocomiales et d'infections ont chuté depuis l'introduction de cette méthode", assure le professeur Benchimol.

L'université de Nice s'est en effet inspirée du modèle américain de Harvard Medical International, l'une de ses universités partenaires, pour mettre en place le projet."Outre-Atlantique, la règle c'est +Jamais la première fois sur un patient+", explique le doyen. Le simulateur y est devenu la norme au point que pour être pris en charge par un assureur, certains spécialistes doivent s'être entraînés selon cette méthode durant un quota d'heures défini. Cette pratique est largement méconnue en France, regrette Daniel Benchimol. "On a longtemps considéré que notre enseignement de la médecine basée sur une culture du compagnonnage suffisait". Mais un aréopage de chirurgiens français venus découvrir le centre de simulation le week-end dernier en est ressorti impressionné, assure-t-il. L'université de Nancy serait intéressée par le projet niçois d'un coût de 400.000 euros, dont la moitié pris en charge par le conseil général.

AFP

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