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Météo-France va étudier la météo urbaine, cette inconnue

Avec des températures pouvant dépasser parfois de 10° celles de la campagne, le climat urbain présente des spécificités mal connues des météorologues. En lançant à Toulouse la campagne Capitoul, Météo-France se donne un an pour mieux comprendre l'influence des villes sur le climat."Le phénomène est connu depuis la fin du 19e siècle. Il y a déjà eu des campagnes de mesure, mais elles ont toujours été ponctuelles", raconte le chef du projet Capitoul, Valéry Masson. Cette fois, la campagne, débutée en mars, durera un an. Une trentaine de chercheurs et de techniciens y participent. "Notre objectif est d'expliquer quels peuvent être les mouvements des masses d'air sur une zone de 20 km de rayon sur 1 km de haut et comment la ville agit sur l'atmosphère", explique M. Masson. Siège de Météo-France, Toulouse a été en outre retenue pour ses caractéristiques géographiques: située à distance de la mer et de la montagne, elle n'en subit pas les effets. Outre une collecte permanente de données, grâce notamment à un réseau de 21 stations terrestres et à des radars vent, trois périodes d'observation intensive (mars, juin-juillet et novembre-février) permettront d'affiner le dispositif à l'aide de mesures aériennes. Une telle étude devrait permettre d'observer plus précisément le phénomène d'"îlot de chaleur urbain": la nuit, la température en ville est plus élevée que dans les zones rurales avoisinantes. L'écart observé, renforcé en situation anticyclonique, peut ainsi atteindre à Toulouse 8 à 10°. Dans la journée, l'énergie fournie par le soleil est utilisée par les plantes, alors qu'en ville, les matériaux urbains (routes, béton, tuiles...) stockent la chaleur, avant de la restituer progressivement la nuit. Les études menées jusqu'ici sur l'îlot de chaleur urbain ont souvent été réalisées en été. En étalant la campagne sur un an, Météo-France pourra également juger de l'influence sur le climat hivernal du chauffage des bâtiments, qui contribue au réchauffement de l'atmosphère urbaine. Autre question posée par Capitoul: "Est-ce que la "brise urbaine" existe? On y croit tous, mais on ne l'a jamais vu", s'amuse M. Masson. Lors de conditions anticycloniques, la différence de température ville-campagne semble en effet provoquer une brise très légère, de l'ordre de 5 km/h. Capitoul devrait également permettre d'étudier le comportement des aérosols, ces microparticules émises dans l'atmosphère par les pollutions urbaines, et d'observer leur impact sur l'ensoleillement et l'effet de serre. A terme, "cette campagne devrait nous permettre d'inclure la ville dans nos prévisions", selon le météorologue. Il sera alors possible de valider des modèles météo d'une résolution de 2 km contre 10 aujourd'hui. "Dans le futur, ponctue M. Masson, on aimerait faire une campagne sur Paris", mais l'expérience reste difficile en raison de l'interdiction de survoler la capitale.

AFP :http://fr.news.yahoo.com/040512/202/3sowi.html

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