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Maladie d'Alzheimer : plusieurs médicaments dans les tuyaux

Plusieurs types de nouveaux médicaments contre la maladie d'Alzheimer sont dans les tuyaux, avec 91 essais sur l'homme en cours dans le monde, mais la recherche peine à recruter des malades, soulignent des spécialistes à l'occasion du Congrès mondial de gérontologie et de gériatrie.

"Les molécules arrivent, mais si on ne parvient pas à recruter suffisamment de patients, on risque de passer à côté", met en garde le Pr Bruno Vellas (Gérontopôle - Toulouse), président du conseil scientifique du congrès.

Un paradoxe pour une maladie qui devrait quadrupler à l'échelle mondiale d'ici 2040 pour atteindre les 80 millions de personnes. D'autant que les médicaments actuels ont une efficacité modeste. Mais, explique le Pr Vellas, les patients Alzheimer sont des sujets âgés, avec des troubles de la mémoire et souvent d'autres pathologies qui compliquent leur sélection. Il faut aussi obtenir l'accord de leur famille.

Un essai de phase 3 (phase finale avant une éventuelle demande d'autorisation de mise sur le marché) requiert un grand nombre de sujets suivis sur une longue période. Pour Alzheimer il peut mobiliser 80 centres différents, disséminés sur plusieurs continents, certains centres n'arrivant à recruter que deux ou trois patients.Une situation délicate pour la recherche, estime ce spécialiste. "S'il y a un médicament qui guérit, bien sûr on le verra", explique-t-il. Mais si, hypothèse aujourd'hui la plus probable, il s'agit de "médicaments qui améliorent un peu et qu'il faudra associer, on ne le verra pas".

Pourtant, les pistes sont nombreuses, dont plusieurs déjà en phase 3.

La maladie est caractérisée par deux types principaux de lésions du cerveau: la présence de plaques "amyloïdes" liée à la production anormale du peptide béta-amyloïde, sous l'action de deux enzymes (gamma et beta secrétases), et une dégénérescence due à l'accumulation à l'intérieur des neurones de la protéine tau. Une des nouvelles stratégies thérapeutiques vise à inhiber les gamma et beta secrétases.

Autre approche : provoquer une réaction de défense de l'organisme par l'injection d'anticorps monoclonaux pour obtenir la destruction des peptides béta-amyloïdes. "Une dizaine d'anticorps monoclonaux sont actuellement en développement", précise le Pr Vellas.D'autres molécules vont agir au niveau de la protéine tau.

Est également en essai de phase 3 un médicament utilisé jadis en Russie contre l'allergie, le Dimebon. "On devrait avoir les résultats dans environ six mois", indique le Pr Vellas. "La grosse difficulté qu'on va avoir c'est que sans doute ces molécules vont montrer une certaine efficacité, mais pas une totale efficacité", tempère-t-il. D'où des questions sur leur coût et leur remboursement.Pourtant, le Pr Vellas est confiant sur une future approche de prévention de la maladie, en ciblant les dépôts amyloïdes, un peu comme on cible le cholestérol pour prévenir les maladies cardiovasculaires.

L'initiative Adni, dont l'objectif est d'identifier les marqueurs prédictifs d'Alzheimer, présentée par Michael Weiner (université de Californie, San Francisco), montre que 40 % des sujets normaux de plus de 70 ans ont des dépôts amyloïdes. "Si on s'y met tous, on trouvera des traitements qui auront une efficacité remarquable, mais on les trouvera dans une, deux ou trois générations", prédit le Pr Vellas. "Selon notre action on peut sauver une génération", ajoute-t-il en plaidant pour un "devoir de recherche qui incombe à nous tous".Le 19e Congrès mondial de gérontologie et de gériatrie réunit à Paris quelque 6.000 spécialistes.

AFP

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