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Le lithium pourrait ralentir la progression de la SLA

La sclérose latérale amyotrophique (SLA) est une affection neurologique dégénérative fatale pour laquelle les essais thérapeutiques se suivent et se ressemblent car ils sont le plus souvent décevants.

Une équipe italienne laisse cependant entrevoir un espoir avec la publication de résultats expérimentaux et cliniques très positifs obtenus avec le lithium. Francesco Fornai et coll. ont d'abord démontré un effet favorable du lithium chez des souris modèles de la maladie avec prolongation statistiquement significative de la survie et réduction de la vitesse de progression des lésions. Sur ces bases et sur celles d'études in vitro, les chercheurs italiens ont débuté en octobre 2005 un essai clinique dont les premiers résultats sont publiés par le très prestigieux Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Quarante-quatre patients atteints de SLA sporadique à début bulbaire ou classique ont été inclus dans l'essai. Ils ont été randomisés en un groupe traité par riluzole seul (n=28) et un groupe recevant en association du lithium (300 à 450 mg/j pour atteindre un taux plasmatique de 0,4 à 0,8 mEq/L) (n=16). Les deux groupes étaient comparables par les scores de gravité de l'affection. L'étude a duré 15 mois. Il faut noter que si l'étude était conduite en simple et non en double aveugle, les médecins qui devaient évaluer les effets du traitement ne connaissaient pas le traitement effectivement reçu par chaque patient.

En terme de progression de la maladie, une différence significative (p<0,01) a été constatée en faveur du lithium avec une absence d'aggravation sur 15 mois sur les échelles Norris et ALSFRS-R spécifiques de la maladie et une aggravation moins rapide selon l'échelle MRC de testing manuel. Ainsi par exemple à 15 mois le score de Norris a décru de 10,6 % sous lithium + riluzole versus 46,1 % sous riluzole seul. Surtout, les courbes de survie se sont séparées à partir du 6ème mois aboutissant à 29 % de décès à un an et 15 mois sous riluzole contre 0 % sous lithium (p<0,01).

Les mécanismes possibles de cet effet favorable du lithium sur l'évolution de la SLA, largement explorés par l'équipe italienne chez l'animal, sont sans nul doute très complexes et restent pour une large part hypothétiques.

La nouvelle a fait l'effet d'une bombe dans le petit monde de la SLA puisqu'il s'agit de l'effet favorable le plus important rapporté dans un essai clinique. Selon le Professeur Meininger, responsable de la coordination des centres référents français sur la maladie, l'annonce de ces résultats a conduit de nombreux patients à demander à leur médecin généraliste de leur prescrire du lithium en dehors de tout essai clinique.

JIM

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