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Avenir

L'irrésistible ascension des drones

L'utilisation d'avions sans pilote est la principale nouveauté militaire de la guerre d'Afghanistan. Les «drones» américains surveillent en permanence le pays et participent désormais à des frappes très ciblées. Apparus dans les années 90, ces UAV (Unmanned Aerial Vehicle) font entrer l'aviation militaire dans une nouvelle ère, où l'homme n'a plus sa place dans le cockpit. Selon des sources américaines citées par le New York Times, les Predator auraient tiré une quarantaine de missiles depuis le début des frappes. C'est une technique nouvelle que seuls les Américains maîtrisent. Le premier essai réussi n'a eu lieu qu'en février. Construit par General Atomics, le Predator RQ1 est en service depuis 1994 au sein de l'US Air Force et de la CIA. Seule la CIA a transformé cet engin de reconnaissance en plate-forme de tir. Le Predator n'a rien d'un jet ultramoderne. Il pèse une tonne et mesure huit mètres de long pour une envergure de près de quinze mètres. Il vole très lentement (de 120 à 180 km/h) jusqu'à une altitude de 7 800 mètres. Sa principale qualité est de pouvoir rester longtemps en vol, par exemple seize heures à 700 kilomètres de sa base. L'appareil est dirigé depuis une station de contrôle au sol, aisément transportable. Le Predator est équipé de 200 kilos de senseurs électroniques, caméras vidéo et moyens de transmissions par satellite. C'est toutefois un système fragile. Sur une soixantaine d'engins construits, dix-neuf ont été perdus reconnaît le Pentagone, notamment au-dessus des Balkans, de l'Irak et de l'Afghanistan. Le Predator peut être facilement abattu par la DCA (défense contre-avions) adverse. Par mauvaise météo ou en région montagneuse, le moindre problème de transmissions risque d'entraîner la perte de l'appareil. C'est un risque assumé - qui fait d'ailleurs tout l'intérêt des drones. Car la destruction d'un appareil n'entraîne pas la mort ou la capture d'un pilote. Le drone est vraiment l'arme de la guerre «zéro mort» dans son propre camp. D'autant qu'à trois millions de dollars pièce, un Predator coûte beaucoup moins cher qu'un chasseur F16 (35 millions de dollars). Le Predator a un grand frère, le Global Hawk. C'est un poids lourd: douze tonnes, 35 mètres d'envergure. Il est propulsé par un réacteur qui lui permet de voler à 600 km/h. Pour les spécialistes, le Global Hawk est un «Hale» (High Altitude Long Endurance), c'est-à-dire un drone qui vole très haut (jusqu'à 20 000 mètres, le double d'un avion de ligne) et très longtemps. Une mission standard consiste à rester 24 heures sur une zone située à 2 000 kilomètres de sa base. Au total, le Global Hawk peut voler pendant trente-cinq heures. Il emporte une tonne d'équipement de reconnaissance: caméras infrarouges et radars à ouverture synthétique pour «voir» à travers les nuages. Très automatisé, dirigé par une équipe au sol, il a récemment effectué une traversée du Pacifique entre la Californie et l'Australie. Pour l'instant, l'Air Force ne prévoit pas de l'équiper d'armes offensives. Développés par les Israéliens dans les années 80 lors de la guerre du Liban, les drones intéressent aujourd'hui la plupart des armées modernes. D'abord simples engins de reconnaissance, ils acquièrent la capacité de désigner des cibles pour les bombes guidées par laser, puis de tirer des armes offensives.

Libération :

http://www.liberation.com/quotidien/semaine/20011127mard.html

NYT :

http://www.nytimes.com/2001/11/23/international/23PRED.html?

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