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L'informatique mise sur l'essor des biotechnologies

La lutte contre les maladies se livre désormais autant dans les circuits des super-ordinateurs que sur les tables des laboratoires. La convergence entre biotechnologie et informatique a déjà suscité des dizaines d'alliances industrielles, et pourrait ouvrir la voie à des fusions entre des entreprises qui s'ignoraient jusqu'ici. Pour Dirk Heyman, chef du département des sciences de la vie chez le fabricant de serveurs Sun Microsystems, la société du futur pourrait bien être un hybride alliant un groupe pharmaceutique, un géant informatique et un spécialiste des biens de consommation - ce dernier apportant l'expérience du marketing. L'achèvement l'an dernier de la carte du génome humain a servi de détonateur, en montrant que la biologie n'était plus à l'âge de la manipulation des tissus, mais bien à celui du traitement de l'information. Le séquençage des 3,1 milliards de composantes de l'ADN a placé le monde scientifique devant une masse de données sans précédent, l'obligeant à faire appel à des calculateurs toujours plus puissants. Selon Steve McGarry, analyste spécialiste des biotechnologies chez Goldman Sachs à Londres, une nouvelle vague de rapprochements entre "bio" et "info" s'annonce, avec à la clé de nouveaux modèles économiques. Par exemple, certaines entreprises informatiques, comprenant que les chercheurs ne peuvent plus aller de l'avant sans leurs machines, pourraient exiger à l'avenir des droits sur les médicaments qu'ils auront aidé à créer. "L'union entre la biologie et l'informatique devient le cadre logique pour appréhender cela", estime George Poste, ancien chercheur et consultant. "Je pense que nous allons assister à la création de quelques nouvelles fusions industrielles". "Au fur et à mesure que la biologie et la médecine seront de plus en plus basées sur l'information, nous allons voir de nouveaux acteurs sur le marché, y compris des sociétés d'informatique et de télécommunications", ajoute-t-il. Le mouvement est déjà largement amorcé. Si l'on en croit une étude récente de Goldman Sachs, les géants américains IBM Corp, Sun Microsystems Inc, Compaq Computer Corp et Motorola Inc ont conclu chacun au moins une dizaine d'accords de collaboration avec des société de biotechnologie et des instituts de recherche. Dernier exemple de cette convergence: l'alliance conclue le mois dernier entre l'allemand Lion Bioscience AG et IBM Corp. Au total, plus de 140 alliances de ce type ont été nouées, dans des domaines tels que les puces ADN, les logiciels d'intégration des bases de données et la modélisation de l'effet des médicaments par ordinateur. L'un des domaines les plus actifs est la protéomique, ou l'étude des interactions gènes-protéines-maladies. Cette nouvelle discipline requiert une puissance de traitement mesurée en teraflops, c'est-à-dire en milliers de milliards d'opérations par seconde. Plusieurs alliances ont été conclues en matière de protéomique, notamment entre l'américain Myriad Genetics Inc et Hitachi Ltd, ou le tandem Oracle Corp-IBM avec le canadien MDS Inc ; sans oublier la coentreprise entre les Britanniques Oxford GlycoSciences Plc et Marconi Plc. IBM estime que les sciences de la vie représenteront pour le secteur informatique un marché de 30 milliards de dollars par an d'ici 2004. Ce n'est pas un hasard si le premier fabricant mondial d'ordinateurs a spécialement conçu son nouveau supercalculateur, "Blue Gene", pour ce type de recherche. Blue Gene est le descendant - mille fois plus puissant - de "Deep Blue", l'ordinateur vainqueur du champion d'échecs Gary Kasparov en 1997.

Reuters : http://fr.news.yahoo.com/011208/85/2buii.html

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