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L'e-mail fête ses trente ans cet automne

Comme de nombreuses grandes inventions, le courrier électronique n'a pas défrayé la chronique lors de son apparition, à l'automne 1971. Ray Tomlinson, l'ingénieur américain considéré comme le "père de l'e-mail", ne se souvient plus de la date exacte à laquelle il a envoyé le premier courrier électronique, à qui il l'avait adressé ou le message qu'il contenait. "Je n'ai aucune idée du premier e-mail", a-t-il raconté à Reuters. "La seule chose dont je me souvienne, c'est qu'il était entièrement rédigé en lettres capitales". Trente ans plus tard, Tomlinson est de nouveau sous le feu des projecteurs, tout le monde cherchant à savoir comment ce moyen de communication devenu incontournable a vu le jour. L'ingénieur de BBN Technologies, une filiale de l'opérateur de télécoms américain Verizon, affiche une modestie à toute épreuve, déclarant que son invention n'était "pas un tour de force" et qu'il voulait juste faciliter la communication entre les chercheurs. "Il n'y avait que 200 lignes de code informatique", se souvient-il, soulignant que les protocoles permettant de transférer des dossiers et de rédiger des messages existaient déjà, même s'ils étaient basiques. Par exemple, le programme de messagerie permettait d'envoyer un communiqué à un collègue mais à la condition que la boîte de réception de ce dernier soit sur le même ordinateur que l'émetteur. L'ordinateur personnel n'allait voir le jour qu'une douzaine d'années plus tard. Tomlinson, qui était âgé de trente ans à l'époque, est venu à bout de ce problème en créant des boîtes postales électroniques distantes qui pouvaient envoyer et recevoir des messages via un réseau informatique. Son logiciel initial était baptisé SNDMSG (Send Message). C'est également à Tomlinson que l'on doit l'avènement du symbole @. Il fallait un caractère n'entrant dans la composition d'aucun autre nom propre pour permettre d'identifier l'utilisateur et l'ordinateur où se trouvait la boîte de réception. Le produit final n'était qu'une simple combinaison des deux programmes, insiste Tomlinson. Pour la première fois de l'histoire informatique, il permettait à une personne d'envoyer un message à un autre utilisateur travaillant sur n'importe quel ordinateur connecté au réseau ARPA Net, le précurseur d'internet, développé par le ministère américain de la Défense. A l'époque, une quinzaine de lieux et une vingtaine de machines étaient connectés, notamment dans les universités et les centres de recherches. Aujourd'hui, des millions de personnes utilisent le courrier électronique. Les attentats du 11 septembre à Washington et New York ont consacré ce moyen de communication qui a supplanté les réseaux téléphoniques, détruits ou totalement débordés d'appels. Les Américains se sont rués sur le web pour obtenir des nouvelles de leurs familles et amis. Des e-mails poignants de survivants ont fait le tour de la planète dans les heures qui ont suivi l'effondrement des tours du World Trade Center et l'incendie du Pentagone. Moins d'une semaine plus tard, c'est également par courrier électronique que s'est répandu un virus informatique dangereux, Nidma, qui a attaqué des centaines de serveurs et d'ordinateurs dans le monde, provoquant des millions de dollars de dégâts. Pourtant, à l'automne 1971 - Ray Tomlinson ne se souvient pas du mois exact - l'e-mail connaissait un succès relatif, tout simplement parce que le nombre de ses utilisateurs ne dépassait pas quelques centaines. De plus, dans le meilleur des cas, les connexions par modem ne dépassaient pas 300 bauds, soit environ le vingtième de la vitesse de transmission standard actuelle de 56 ko/s. "Il a fallu quelques années avant que le système soit fiable", concède Tomlinson. "C'est avec l'apparition du PC, dans le milieu des années 80, que les e-mails ont commencé à entrer dans la vie des fanas d'informatique et des étudiants." Autre étape majeure: l'apparition des navigateurs internet, dans les années 90, qui ont mis le réseau mondial à la portée de tous. La croissance du courrier électronique est allée de pair avec l'utilisation du web.

Reuters : http://fr.news.yahoo.com/011002/85/202n4.html

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