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Le grand saut de puce du Pr Warwick

L'expérience du Professeur Warwick, qui a vécu pendant dix jours avec une puce électronique implantée dans le bras, a eu un grand retentissement dans le monde scientifique et ouvre des perspectives nouvelles dans les relations homme-machine. Celui que la presse britannique a baptisé "Kevin, le premier cyberman est on ne peut plus humain et semble en parfaite santé. Seule une tache un peu violacée, à la pliure intérieure du coude gauche, témoigne de l'expérience inédite que ce cybernéticien de 44 ans, a tenté à la fin du mois d'août. Le 24 août, sous anesthésie locale, son médecin personnel, le Dr Boulos, lui a implanté, entre la peau et les muscles du bras , une petite capsule de verre, longue de 23 millimètres et large de 3, contenant une puce informatique de 64 bits et un circuit électromagnétique . Celui-ci, en présence de détecteurs-émetteurs installés dans un bâtiment de l'université de Reading, à l'ouest de Londres, active la puce qui transmet alors un signal radio relayé par les capteurs vers un ordinateur central. Quand le scientifique et son petit implant se présentent devant une salle dite "intelligente", aménagée dans le département de cybernétique, la lumière s'allume et les portes s'ouvrent et une voix artificielle lui souhaite plaisamment: " Bonjour, professeur Warwick."." Grâce au signal radio qu'il capte, l'ordinateur peut également me localiser dans le bâtiment ou afficher des informations dont j'ai besoin", souligne le chercheur." Avec la même puissance et évidemment l'organisation appropriée dans des bâtiments intelligents, on peut, par exemple commander l'ouverture des portes des ascenseurs, la mise en route du chauffage et d'appareils ménagers. Il n'y a pas vraiment de limites. L'ordinateur peut faire tout ce que je lui demande par l'intermédiaire de la puce." L'idée lui trottait dans la tête depuis près de cinq ans. "Il faut savoir ce que l'on veut, explique-t-il. En dix ans, les machines sont devenues extrêmement performantes, plus que l'homme quelquefois. On peut attendre la suite avec fatalisme et s'apercevoir un jour qu'elles ont pris le pouvoir. Moi, plutôt que de le subir, je préfère m'associer avec l'ordinateur. De son propre aveu, les poids lourds américains de l'informatique ont également manifesté avec empressement leur intérêt pour ses expérimentations en cours et à venir. Une des plus importantes sociétés de la Silicon Valley sponsorise même son travail. Cet intérêt s'explique, car la puce de Professeur Warwick ouvre d'innombrables perspectives d'application. Une fois au point, sa puce, fichée dans le bras ou ailleurs, pourrait se substituer à celle des millions de cartes de crédit et de paiement. Avantage? "Fini les cartes perdues ou volées. Ce type de puce laisse aussi entrevoir un énorme marché dans le secteur du contrôle sous toutes ses formes. Notamment dans les aéroports, les gares, l'ensemble des bâtiments dits sensibles (palais de justice, ministères) A présent le Professeur Warwick pense déjà à la seconde phase." Elle consistera à insérer la capsule et sa puce sur les muscles et non plus dans la chair et les tissus, première étape d'une communication directe entre l'homme et l'ordinateur. "Si ça marche, vous n'aurez plus besoin de votre clavier, d'une souris ou de tout autre médiation pour commander l'ordinateur. Vous pourrez directement le faire avec la main." A plus long terme, "vingt ans, peut-être moins", Warwick rêve d'un implant qui permettra à l'homme de se brancher directement sur les grands réseaux mondiaux d'information. L'homme aura alors intégré, au sens propre comme au sens figuré, l'informatique et la boucle qui va des nanotechnologies à une intelligence collective planétaire sera bouclée.

(Libération:15/09/98).

http://www.liberation.com

http://cyber.reading.ac.uk/people/kw/WWW/home.htm

(brève rédigée par RT Flash)

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