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Un gène de prédisposition au cancer du poumon

Les fumeurs ne sont pas égaux face au risque de cancer du poumon. Si un fumeur sur 16 souffrira un jour de cette maladie, ce chiffre recouvre des réalités très variables, qui s'expliqueraient entre autres par des différences de prédispositions génétiques. Des épidémiologistes américains du Centre Anderson contre le cancer, au Texas, qui viennent de publier leurs résultats dans la revue Cancer Research, ont découvert un gène de susceptibilité capable de favoriser le cancer du poumon même en cas de tabagisme très modeste.

Dans les années 1960, deux médecins américains ont clairement apporté la preuve de cas familiaux de cancer du poumon chez des fumeurs, suggérant alors des interactions entre certaines particularités génétiques et le tabac dans la génèse de cette maladie. Plusieurs travaux ont confirmé cette tendance familiale. Le risque de souffrir de ce cancer est multiplié par près de trois quand au moins trois fumeurs de la famille sont touchés par une tumeur pulmonaire et par quatre quand au moins quatre sont atteints, par rapport aux fumeurs sans antécédents familiaux.

Plus récemment, une région du chromosome 6 associée à une prédisposition accrue au cancer bronchique chez les fumeurs (et les non-fumeurs) a été identifiée. Marshall Anderson et son équipe (Université de Cincinnati) viennent donc d'évaluer l'effet du tabagisme sur le risque de cancer en fonction de la présence ou non de cette spécificité génétiquesur le chromosome 6.

Dans les familles sans ce facteur de risque génétique, le risque de développer une tumeur du poumon s'est avéré effectivement d'autant plus élevé que le tabagisme est important. Mais dans celles où se transmet ce gène prédisposant, même un tabagisme faible induit un risque élevé de cancer du poumon. «Quand vous êtes doté du gène de susceptibilité et que vous fumez, peu importe que vous consommiez beaucoup ou peu de cigarettes, vous avez un risque élevé de cancer du poumon», explique Susan Pinney, une des coauteurs de l'étude. Marshall Anderson affirme même que «si vous avez une histoire familiale de cancer du poumon, vous devriez probablement éviter d'être dans un milieu où l'on fume».

Pour l'instant, cette prédisposition augmente le risque chez les non-fumeurs, et un peu plus encore en cas de tabagisme léger. D'autres travaux de recherche sont en cours sur des gènes de prédisposition qui n'augmenteraient le risque de cancer qu'en cas de tabagisme. Pour l'instant, aucun test en routine ne permet d'évaluer au plan individuel la susceptibilité au cancer du poumon.

Figaro

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