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La France traîne à poser des défibrillateurs cardiaques implantables

Les cardiologues ont dénoncé mardi l'important retard pris par la France dans le traitement de la mort subite, alors que la pose plus fréquente de défibrillateurs cardiaques implantables permettrait de sauver chaque année des milliers de vie. "Sur 50.000 morts subites annuelles, environ 10.000 sont dues à des contractions rapides et anarchiques du coeur (tachycardie ou fibrillation) qui pourraient être évitées grâce aux défibrillateurs", a indiqué le Pr Jean-Paul Fauchier, cardiologue au CHU de Tours et vice-président de la fédération française de cardiologie en présentant les XIèmes journées Européennes de la société française de cardiologie qui se tiennent à Paris de mercredi à dimanche. Petite merveille technologique, le défibrillateur cardiaque implantable a été mis au point en 1980 par le cardiologue américain Michel Mirowski. Depuis, au fil des années, il a perdu en taille mais gagné en résistance et en fiabilité. Miniaturisé à l'extrême, il se pose sous la peau, sans qu'il soit besoin d'ouvrir le thorax, et est relié au coeur par une sonde électrode intra-veineuse. L'appareil analyse en permanence l'activité du coeur et en régule constamment le rythme, grâce à de petites décharges électriques. Un avantage quand on sait qu'entre l'apparition des premiers symptômes et l'arrivée à l'hôpital, il peut s'écouler jusqu'à quatre heures et que les chances de survie de ces patients n'est que de 4 %. Selon son principal fabricant, le défibrillateur implantable est même capable de faire la distinction entre un changement de rythme provoqué par un effort de la vie courante ou un exercice sportif et une modification du battement qui, elle, risque de provoquer la mort. "Aujourd'hui, une étude démontrant l'intérêt de cet appareil serait refusée dans n'importe quel congrès tellement c'est évident", a souligné le Pr Fauchier. Les analyses de bénéfices ont toutes montré la pose d'un défibrillateur réduisait d'un tiers la mortalité des malades ayant déjà échappé à un arrêt cardiaque lié à un trouble du rythme par rapport à ceux qui prenaient seulement un médicament. En outre, le risque de mort des insuffisants cardiaques à "hauts risques" est réduit de moitié par la pose d'un tel appareil par comparaison avec les malades traités avec des médicaments régulant les troubles du rythme du coeur. Economiquement, les avantages ne sont pas négligeables non plus : "le défibrillateur permet de réduire de 90 % le nombre des hospitalisations de ces malades et, pour les 10 % restants, la durée de séjour est diminuée de moitié", affirme le Pr Fauchier. Selon ce cardiologue, le prix de l'appareil - 100.000 francs - est amorti en 18 mois alors que sa durée de vie excède maintenant cinq ans. Actuellement, la sécurité sociale ne rembourse pas ces appareils et leur pose est seulement assurée par les hôpitaux, sur un budget global qui n'est pas extensible. Cette situation fait que 90 % des installatations sont faites dans les hôpitaux publics, 10 % seulement dans les établissements privés, et que la France a pris un retard considérable sur ses voisins. Alors que les besoins estimés de la France seraient de 40 à 50 implantations par million d'habitants, la France n'en pose qu'une douzaine par million, guère plus que la Grèce, le Portugal ou la Belgique. Aux Etats-Unis, il s'en pose 125 par million d'habitants, et 50 en Allemagne. En France, un coup de pouce financier accordé par l'Etat sur deux ans à permis d'en poser 1.050 en 2000 et devrait permettre d'en implanter 1.400 cette année. "Mais cette aide n'est pour l'instant que temporaire", regrettent les cardiologues.

AFP :

http://www.afp.com/ext/francais/lemonde/sci/010116171129.ksjii0jp.html

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