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La France malade de ses TIC ?

Selon un rapport de l'Idate et de Rexecode rédigé pour la DiGiTIP, la part de la France dans l'économie mondiale des technologies de l'information et de la communication n'a cessé de régresser au cours des dernières années. Faiblesse de la R & D, fiscalité peu adaptée, coûts salariaux élevés et faiblesse de la consommation nationale sont parmi les facteurs pointés du doigt par les deux instituts d'études.L'un des intérêts des TIC mise en avant par le rapport est leur impact sur la compétitivité nationale. Souvent cités en modèles, les Etats-Unis ont, selon l'étude, connu une forte explosion de leur productivité liée à l'utilisation et à l'investissement dans les TIC. L'accélération de la productivité du travail aux USA (+0.7 % par an de 1995-2001 par rapport à la période 1973-1995) serait ainsi due aux deux tiers à la croissance du capital en technologies de l'information (+0.5 point),. En France, l'effet de la diffusion des TIC sur la productivité horaire du travail serait deux fois moindre. Et l'étude de préconiser un investissement fort dans les TIC pour rattraper le retard français, sous peine de le voir se creuser. Si l'étude note la présence de plusieurs champions nationaux dans le top 10 de leur spécialité (France Télécom dans les services télécoms, Alcatel dans les équipements de télécommunications, Cap Gemini dans les services informatiques et STMicroelectronics dans les composants), elle pointe du doigt l'absence de la France dans les secteurs de l'électronique grand public et des équipements informatiques. Sur ces secteurs, les positions de Thomson et de Bull ne cessent de reculer. Ce recul est d'autant plus grave que les échanges d'équipements de TIC (équipements informatiques, équipements de télécommunications, composants électroniques) ont été multipliés par plus de 3 entre 1991 et 2001, passant de 245 milliards de dollars à 765 milliards de dollars (- dans le même temps, les échanges mondiaux n'ont fait que doubler). Les équipements informatiques représentaient 39 % de ce total en 2001, contre 29,8% pour les composants et 21% pour les équipements de télécommunications.Si la France reste un pays puissant sur le marché des télécoms, le désengagement continu des opérateurs en matière de R & D et sur la période plus récente la réduction de leur niveau d'investissement pourraient se traduire par une perte de compétences, non seulement pour les opérateurs directement mais par effet d'entraînement pour leurs fournisseurs Autre problème à l'horizon, le secteur n'est plus générateur d'emplois. Après avoir cru jusqu'en 2000, l'emploi télécoms est en chute. Et la situation pourrait se détériorer encore dans les mois et années qui viennent. Le rapport milite pour un engagement ciblé des pouvoirs publics, sera autour de domaines préalablement et soigneusement repérés. Il milite aussi pour le développement de pôles et régions d'excellence à l'échelle européenne; à l'image du pôle micro-électronique de Grenoble-Crolles. Enfin, il souligne l'importance plus générale, de stimuler l'innovation et la recherche, via des incitations financières... Autant dire qu'entre l'insistance sur les champions nationaux et l'encouragement des aides ciblées d'Etat, le colbertisme industriel hexagonal a de beaux jours devant lui...

R & T : http://www.reseaux-telecoms.com/news_btree/04_08_30_181640_287/News_view

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