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La fonte du pergélisol pourrait avoir des conséquences désastreuses sur le climat

Une étude dirigée par le professeur Andrew H. MacDougall de l’École des sciences de la terre et des océans de l’Université de Victoria (Colombie-Britannique) et publiée par "Nature Géoscience" montre que la fonte du pergélisol (sous-sol gelé en permanence couvrant environ 20 % du globe) en Arctique risque d’entraîner des émissions massives de CO2 retenu captif depuis des milliers d'années dans ces terres gelées.

La fonte accélérée du pergélisol pourrait en effet libérer entre 70 et 500 gigatonnes de carbone emprisonné dans le sol d’ici la fin du siècle. A titre de comparaison, les émissions humaines de carbone sont de l'ordre de 10 gigatonnes par an. Le pergélisol arctique recélerait au total 1700 gigatonnes de carbone, le double du carbone présent dans l’atmosphère. Ce phénomène s'apparente à une "boucle infernale" sous forme de rétroaction positive car ce carbone issu du pergélisol va s'ajouter aux émissions humaines et naturelles de CO2 (sols, forêts et océans), contribuant ainsi à augmenter l'effet de serre et accélérer le réchauffement qui lui-même accélère la fonte du pergélisol...

L'originalité de cette étude est qu'elle a utilisé une modélisation numérique qui intègre l'ensemble des échanges de flux terrestres, atmosphériques et océaniques.

Ce processus de fonte accélérée du pergélisol se combine à celui de la réduction constatée de la banquise et du réchauffement de l'océan arctique et, selon, cette étude, compte tenu de l'inertie des ces phénomènes et des temps de persistance du carbone dans l'atmosphère, il peut au mieux être ralenti, si nous réduisons drastiquement nos émissions de carbone au cours de 20 prochaines années, mais ne peut plus être arrêté.

L'étude prévoit que la rétroaction provoquée par cette fonte pourrait à elle seule provoquer une hausse de la température moyenne du globe allant jusqu'à 1,6°C. Cette hausse viendrait s'ajouter à celle déjà prévue par le GIEC (de 1,4 à 5,8° selon les scenarios) et résultant de l'augmentation massive des émissions humaines de gaz à effet de serre qui ont dépassé 48 gigatonnes d'équivalent-carbone en 2010. Or, selon une étude de référence publiée par "Nature" en avril 2009, l'humanité doit absolument limiter ses émissions totales de CO2 à 1440 gigatonnes (contre 2 500 gigatonnes prévues si nous restons sur le rythme actuel)  entre 2000 et 2050 pour avoir au moins 50 % de chances de ne pas provoquer une hausse moyenne de la température de plus de deux degrés d'ici la fin du siècle...

Article rédigé par Mark FURNESS pour RTFlash

Nature

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