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Finie l'anarchie, la fibrine guide les nerfs

Quand les nerfs lâchent, selon les cas, il est difficile de rétablir la connexion. S'il s'agit de la tête, les psychologues ont des solutions. Mais lorsque cela concerne les fibres nerveuses à proprement dit, les neurologues, moins chanceux, ont toutes les peines du monde à les réparer. Jeffrey A. Hubbel et ses collègues suisses de lEPF et de luniversité de Zurich leur viennent en aide en mettant au point des matériaux qui activent la croissance des nerfs. Cette nouvelle technique à base de fibrine, une protéine naturelle du corps, devrait servir de pont entre les terminaisons nerveuses interrompues. Ce matériau qui remet les fibres sur les bons rails tout en favorisant leur croissance serait la panacée pour toutes les personnes qui ont perdu à un moment ou un autre lusage de leur membre. En effet, une maladie ou une blessure peut entraîner la rupture des nerfs des bras ou des jambes. La mobilité et les sensations de chaud et de froid, par exemple, sont alors interrompues. Dans le meilleur des cas, les fibres arrivent à repousser dans la bonne direction et à faire à nouveau le lien entre les deux parties altérées. Mais si le nerf est sectionné, la repousse est anarchique. . Demain, peut-être utilisera-t-on la fibrine mise au point par les Suisses. Cette protéine intervient naturellement dans la coagulation et la cicatrisation des nerfs. Elle présente donc de nombreux avantages dont celui d'être acceptée par le corps dans la mesure où ce n'est pas un élément étranger. Associée à des substances actives comme les facteurs de croissance, il semble que la fibrine permet de soutenir et d'orienter la repousse des fibres endommagées. Sur le papier, ce succès effectif chez les rats semble applicable aux hommes. Lespoir est donc de mise, mais malgré sa composition naturelle, le matériau doit faire ses preuves quant à sa sûreté. Aujourd'hui, les chercheurs en sont aux études précliniques et les lendemains qui chantent ne sont malheureusement pas pour tout de suite. La mise en oeuvre pratique de cette technique devrait prendre plusieurs années. En attendant, de nouvelles associations de substances actives sont à l'essai et pour Jeffrey A. Hubbel et ses collègues, l'utilisation de ce matériau fibrineux ne devrait pas se limiter à la réparation des nerfs. En remplaçant les facteurs de croissance par d'autres éléments, on peut envisager de régénérer des tissus osseux ou de peau.

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