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Le fichier ADN opérationnel mais encore en devenir

Très attendu par les enquêteurs, le fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), capable de comparer des profils ADN, est enfin opérationnel, même s'il est loin d'avoir atteint sa vitesse de croisière. Un vaste bureau aux murs blancs, une demi-douzaine d'ordinateurs, des placards encore un peu dégarnis, d'autres bureaux encore vides en vue d'une extension future, les locaux du FNAEG, créé par la loi du 17 juin 1998, sentent le neuf. Mais grâce à ce nouvel outil, mis en place depuis plusieurs mois, deux affaires sont en cours d'élucidation. Un peu moins d'un millier de profils ont déjà été stockés dans l'ordinateur du FNAEG, au siège de la police technique et scientifique à Ecully, dans la banlieue de Lyon. "A terme, ce sont 40.000 profils qui devraient être enregistrés", estime l'un de ses responsables, le commissaire Bernard Manzoni. Les profils ADN enregistrés sont ceux de personnes définitivement condamnées (70%) et ceux établis à partir de traces relevées sur des scènes de crime. Ceux des suspects ne sont introduits que le temps de la comparaison. Ils ne sont pas stockés. La consultation du fichier ne peut se faire que dans les locaux du FNAEG, et sur demande d'un magistrat. Au départ, seul le profil génétique des personnes définitivement condamnées pour des infractions à caractère sexuel (exhibition, agressions, viols) pouvait être enregistré. Mais à l'occasion du vote en novembre de la loi sécurité quotidienne, le législateur a élargi ce champ d'application à la plupart des crimes (meurtres, vols avec violence, etc...). L'intérêt d'un tel fichier ne se limite pas à la résolution des seuls crimes sexuels puisque, par exemple, un braquage meurtrier au péage de Chamant (Oise) sur l'autoroute A1, en août 1996, avait été en partie résolu grâce à l'ADN relevé sur un mégot de cigarette retrouvé dans une voiture utilisée par les malfaiteurs lors de leur fuite. Policiers, gendarmes, magistrats sont actuellement sensibilisés ou formés à l'intérêt de ce fichier, à l'utilité de l'alimenter en y faisant enregistrer des profils génétiques, même anciens, à la nécessité de réaliser des prélèvements propres. "Le fichier est une aide à l'enquête, explique le commissaire Manzoni. Si l'ordinateur fait un rapprochement, cela devra être confirmé ensuite par un expert en biologie moléculaire". A Ecully, les policiers et techniciens n'établissent pas les profils génétiques. C'est un travail d'expert toujours réalisé par des laboratoires spécialisés. Mais ces profils, c'est-à-dire les caractéristiques (suite de chiffres et de lettres) de sept marqueurs génétiques, sont enregistrés et stockés dans le FNAEG. "La saisie est manuelle et toujours réalisée en double par deux personnes différentes pour éviter les erreurs", explique M. Manzoni, qui insiste aussi sur l'absence de liens entre les ordinateurs du FNAEG et ceux de l'extérieur. Si la mise en place et l'exploitation du fichier ont été confiées à la police, la gendarmerie a été chargée de la conservation des prélèvements biologiques. La loi impose en effet de conserver pendant 40 ans "les scellés contenant les prélèvements biologiques à partir desquels les profils biologiques ont été réalisés", explique le commandant Pierre Tabel, chef du service central de préservation des prélèvements biologiques. Certains scellés doivent être conservés par moins 86°C, afin que l'ADN ne se dégrade pas. D'où de réelles difficultés de stockage et de transport. Cependant les prélèvements désormais réalisés sur les condamnés peuvent être conservés à température ambiante.

AFP : http://fr.news.yahoo.com/020522/202/2li6a.html

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