RTFlash

Épilepsie : un algorithme pour prédire les crises

L’épilepsie handicape environ 50 millions de personnes dans le monde et pas loin de 600 000 en France. Les crises restent quasiment toutes imprévisibles à ce jour mais des chercheurs suisses et américains pourraient bien avoir trouvé le moyen d’anticiper leur survenue. Leur découverte montre une modification de l’activité cérébrale comme signe prédictif de l’arrivée de ces crises.

Les chercheurs ont mis au point ce qu’ils nomment une “station météo” capable de prévenir l’arrivée d’une crise épileptique d’un à plusieurs jours à l’avance. Les chercheurs des universités de Berne et de Genève, en collaboration avec ceux de l’université de San Francisco et de Providence, ont mené une analyse rétrospective des données recueillies au cours d'un essai clinique de neuf ans chez des participants équipés d’un dispositif de neurostimulation implanté.

Cet appareil est basé sur la neurostimulation, une approche thérapeutique réservée aux épilepsies sévères. Il utilise un certain type d’électroencéphalogramme (EEG), qui fonctionne grâce à une électrode intracérébrale implantée, permettant d’analyser l’activité du cerveau pendant les crises mais également entre les crises. En parallèle, les chercheurs ont développé un algorithme estimant si un épileptique court un risque de crise dans les heures ou les jours qui suivent.

En observant les données recueillies pendant l’essai clinique, les chercheurs ont eu la confirmation que leur modèle mathématique est capable de prédire la survenue d’une crise. Il met la lumière sur un état dit pro-ictal, un niveau d’activité cérébrale modifiée associé à une augmentation du risque de crise qui s’apparente à l’image des perturbations météorologiques permettant de prédire l’arrivée des nuages, de la pluie ou des orages.

L’objectif des chercheurs est désormais de développer un dispositif léger, portatif et moins invasif que l’électrode intracérébrale implantée chez les patients participant à l’essai clinique. Un espoir pour tous les patients épileptiques dont environ un tiers sont atteints d’épilepsies dites pharmacorésistantes, c’est-à-dire qui résistent aux traitements. Pour eux, les crises sont fréquentes, irrégulières et sans aucun signe avant-coureur.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

The Lancet

Noter cet article :

 

Vous serez certainement intéressé par ces articles :

Recommander cet article :

back-to-top