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Eolien : le Sénat donne du poids aux collectivités locales

Les sénateurs vont-ils réussir à rallier les suffrages sur la question de l'éolien en France ? Lors de la deuxième lecture du projet de loi sur l'énergie au Sénat, les membres de la Haute Assemblée ont en effet adopté à l'unanimité des groupes politiques un amendement prévoyant de donner aux seules collectivités locales le pouvoir de décider de la puissance des éoliennes qu'elles pourront implanter sur leur territoire. Un véritable changement de cap par rapport aux députés. Alors que la législation interdit d'installer des parcs éoliens dépassant douze mégawatts, les élus du palais Bourbon avaient en effet décidé de changer complètement de politique en remplaçant ce plafond par un plancher : un minimum de vingt MW. Une décision destinée à éviter l'éparpillement des structures sur le territoire mais qui avait provoqué en mars un véritable tollé.

Ecologistes et constructeurs d'éoliennes avaient crié à la mort de ce type d'énergie renouvelable. Un non-sens, disaient-ils, alors que le gouvernement s'est engagé à suivre la directive européenne de 2001 prévoyant que les énergies renouvelables représentent 21 % du bouquet électrique d'un pays et que la réalité française suit un sens exactement inverse : proche de 15 % il y a quelques années, elle est retombée à 13 %.

«Dans la mesure où l'insertion des éoliennes dans le paysage constitue un enjeu local, le Sénat a jugé que le renvoi aux pouvoirs locaux de la définition des critères de puissance était plus pertinent que la définition d'un seuil national», ont expliqué hier Jean-Paul Emerine (UMP Saône-et-Loire) et Henri Revol (UMP Côte-d'Or), tout deux porteurs de l'amendement au Sénat. Ils ont en revanche insisté sur leur accord avec les députés pour qu'aucune implantation d'éoliennes ne puisse se faire sans qu'une «zone de développement de l'éolien» ait été définie au préalable. La délimitation de ces zones revient aux préfets sur la base de trois critères. Elles devront disposer d'un potentiel suffisant de vent, l'énergie produite devra pouvoir être raccordée à un réseau de distribution et, enfin, les installations qui peuvent atteindre 100 mètres de haut devront ne pas dénaturer les paysages. Il faut désormais attendre la réunion mi-juin de la commission mixte paritaire pour savoir qui, des sénateurs ou des députés, emportera la décision sur l'avenir des moulins à vent des temps modernes.

Figaro

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