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Le cinéma numérique entre dans les salles américaines

Il semblerait que la technologie numérique appliquée au cinéma est aujourd'hui suffisamment stabilisée pour envisager son exploitation dans le cadre de diffusions en salles. Aux Etats-Unis, l'exploitant Landmark Theatres va ainsi équiper, d'ici la fin de l'année, la totalité de ses 177 salles (53 cinémas répartis sur 13 Etats américains) en plates-formes numériques de projection. Le format d'encodage du film choisi dans le cadre de cette solution "tout numérique" n'est autre que le Windows Media 9 Series (WMV9Series) de Microsoft. Rappelons que ce format offre, à qualité quasiment égale, un meilleur taux de compression que le MPEG-2 utilisé pour les DVD. Là où le format DVD nécessite un débit de 19 Mbits/s pour un film en 720/24p (720 x 480 pixels par image à raison de 24 images par seconde), WMV9Series ne réclame que 5 à 8 Mbits/s selon la qualité recherchée. A titre d'exemple, le film d'Allan Slutsky, Standing in the shadows of Motown, récemment projeté à Paris sur un écran de 8 mètres de base, occupe un espace de 7 Go environ pour une durée de 1 h 50 min (soit un débit de lecture de 8,4 Mbits/s dont 440 Kbits pour le son) en 1 280 x 720. La projection se faisant par l'intermédiaire d'un projecteur DLP (Digital Light Processing) relié à un ordinateur équipé d'un Athlon 2800+, d'une solution nVidia pour la carte graphique et d'une carte audio 5.1 professionnelle Layla. C'est une nécessité économique qui pousse l'exploitant à passer au tout-numérique. "Nous programmons plus de 250 films par an et leur succès dépend plus des conditions du marché que de leur valeur artistique", estime Bert Manzari, vice-président de Landmark. Le choix du tout-numérique permettrait donc à cet exploitant indépendant de réaliser des économies substantielles et, surtout, d'optimiser l'organisation de ses projections. Fini, en effet, les onéreux frais d'édition et de transport des copies des films celluloïd (entre 1 200 et 2 200 euros par copie). Le fichier du film peut être transféré sur DVD, voire sur CD-Rom, ou directement par un réseau haut débit, ce qui permet de multiplier les opportunités de programmation. Le numérique permet également de choisir la version sonore à n'importe quelle séance comme avec les DVD de salon. Enfin, contrairement au support celluloïd, le format numérique ne s'use pas et la qualité reste la même quelle que soit le nombre de projections. Pour l'instant le choix du format de Microsoft ne répond pas encore à un standard de l'industrie du cinéma. Mais en étant le premier à proposer des solutions techniques et commerciales fiables - et qui plus est sécurisées grâce aux technologies de gestion de droits - Microsoft prend, une fois de plus, un avantage certain dans l'établissement de ce standard potentiel.

VUnet :

http://www.vnunet.fr/actu/article.htm?id=0&numero=10837&date=2003-04-04

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