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Des chercheurs ont réussi à changer le groupe sanguin d'un organe avant transplantation

Des chercheurs de l'Université de Cambridge ont réussi à modifier le groupe sanguin du rein d'un donneur avant de le transplanter chez un receveur, dont l'organisme a « bien toléré » le nouvel organe, sans signe de rejet immédiat. L'opération étant périlleuse, c'est à un patient en état de mort cérébrale que ce rein a été greffé. Rien qu'aux États-Unis, plus de 100.000 personnes sont en attente d'un organe –en France, au 1er janvier 2025, elles étaient 22.585. Selon les données américaines, les reins sont de loin les organes les plus convoités, malgré le fait qu'il est possible de donner son rein de son vivant, contrairement aux autres organes faisant l'objet d'une forte demande.

L'une des raisons pour lesquelles un organe peut ne pas convenir à un receveur particulier est une incompatibilité de groupe sanguin : les personnes de groupe sanguin A ou B portent des antigènes qui ne sont pas présents dans le sang de l'autre, et qui sont totalement absents chez celles de groupe sanguin O. Sans compter les complications apportées par l'antigène D, plus connu sous le nom rhésus (positif ou négatif). À Cambridge, l'équipe de recherche est parvenue à utiliser une enzyme, semblable à des "ciseaux moléculaires", pour éliminer les antigènes B d'un rein humain, ce qui a ainsi permis de le transformer en un rein de type O, qui peut donc être transplanté aux A, aux B et aux O sans aucun problème. Les résultats des travaux ont été publiés dans la revue Nature Biomedical Engineering, où l'on apprend que des prouesses similaires ont d'abord été réalisées sur des greffes de poumons, avant que les recherches soient étendues aux reins.

En Chine, des expériences similaires ont été menées avec une observation plus poussée et plus longue d'éventuels signes de rejet immunitaire. Le receveur, lui aussi en état de mort cérébrale, présentait des taux élevés d'anticorps anti-A, ce qui n'a pas empêché de lui greffer un rein dont le type était initialement A. «Aucun rejet hyperaigu n'a été observé », écrivent les auteurs. « Le greffon a été bien toléré, sans signe de rejet lié aux anticorps pendant deux jours ». Certains signes d'une réaction immunitaire ont commencé à apparaître dès le troisième jour, mais les auteurs affirment que les informations recueillies pourraient contribuer à la conception de protocoles cliniques pour lutter contre ce phénomène en cas de transplantation chez un receveur vivant. En raison du risque de rejet, tout patient ayant reçu une transplantation d'organe doit prendre des immunosuppresseurs à vie, quelle que soit la probabilité de rejet de la greffe en question.

Nature Biomedical Engineering : https://www.nature.com/articles/s41551-025-01513-6

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