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Cancer : une thérapie génique chinoise ouvre une nouvelle voie

De Hong kong Depuis l'Europe ou l'Amérique, des patients atteints d'un cancer en phase terminale se rendent en Chine. Ils vont y chercher un traitement antimoral révolutionnaire, la première thérapie génique officiellement brevetée. En effet, le gouvernement chinois a approuvé la production et l'utilisation d'un médicament, la Gendicine, à la fin de l'an dernier, à l'issue de tests cliniques qui ont démontré qu'il accroissait considérablement le taux de survie pour les patients souffrant de cancers de la tête et du cou. Les médecins étendent désormais ce traitement aux personnes atteintes de cancer du poumon ou de l'estomac. Quelque 400 patients, dont 20 venus de l'étranger, ont été traités avec la Gendicine au cours de cures de huit semaines qui coûtent l'équivalent de 2 800 euros. Peng Zhaohui, un chercheur qui a contribué au développement de ce médicament, déclare : "Je pense que cette forme révolutionnaire de thérapie génique représente l'avenir pour le traitement des patients atteints d'un cancer. Il reste encore beaucoup à faire, mais les résultats sont pour l'instant très prometteurs et, contrairement aux formes expérimentales de thérapie génique testées ailleurs, rien ne prouve qu'il y ait des effets secondaires sérieux. Nous avons traité des patients étrangers avec succès et la rumeur commence à se répandre." M. Peng est submergé de demandes de l'étranger, de la part de patients qui souhaitent ardemment essayer son médicament. Ce dernier est obtenu par l'insertion d'un gène, le p53, dans un virus, lequel est à son tour injecté aux patients. Ce gène est naturellement présent dans les cellules saines, mais il est inactivé ou a muté chez de nombreux cancéreux. Quand, grâce au virus, on le réinsère dans les cellules tumorales, il déclenche leur autodestruction. SiBiono, l'entreprise de Peng, basée à Shenzhen, dans le sud de la Chine, a tout d'abord testé la Gendicine sur des cancers du nasopharynx, relativement courants en Chine. Dans le cadre d'une série de tests cliniques, 120 patients ont été traités, certains par une combinaison médicament et radiothérapie, d'autres uniquement par radiothérapie. Tous ont été suivis pendant plus d'un an. On a constaté une régression complète des tumeurs chez 64 % de ceux qui avaient bénéficié du médicament, soit trois fois plus que chez les patients traités uniquement par radiothérapie. Le seul effet secondaire constaté n'aurait été qu'un état fébrile. Le Pr French Anderson, directeur des laboratoires de thérapie génique de l'université de Californie du Sud, généralement considéré comme le père de la thérapie génique, a donné son aval au site de production. "C'est un endroit impressionnant", commente-t-il. Il ajoute que l'adénovirus qu'utilisent les Chinois pour transmettre le gène p53 aux cellules avait pour l'essentiel été abandonné par les scientifiques occidentaux. Mais, reconnaît-il, "parfois, plus c'est simple, mieux c'est". Arthur Winiarski, homme d'affaires américain d'origine polonaise âgé de 48 ans, chez qui un cancer des parois des sinus a été diagnostiqué il y a dix-huit mois, a subi le traitement à la Gendicine. Son médecin, le Dr Niu, cancérologue formé à Harvard, explique qu'il lui faudra revenir en Chine pour se soumettre à des contrôles. Toutefois, dit-il, "jusqu'à présent, ç'a été très efficace et je serais ravi de l'utiliser sur d'autres patients". D'ailleurs, précise-t-il, "je prévois de l'utiliser pour les cancers du foie et de l'estomac parce que le p53 mute considérablement dans d'autres formes de cancer, pas seulement ceux de la tête et du cou. Mes collègues sont enthousiastes et veulent l'essayer."

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