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Bogue de l'an 2000 : l'apocalypse n'a pas eu lieu

Le bogue informatique de l'an 2000, tant redouté, a finalement fait, par son absence, un pied de nez grandiose à tous ceux qui l'attendaient au tournant du siècle. Il y a bien eu quelques petits avatars sans conséquences ici et là. Mais le monde s'est réveillé au jour de l'an nouveau, sinon un peu groggy, du moins avec la satisfaction d'avoir évité le pire. Et même si personne n'osait encore crier victoire, les énormes efforts déployés à travers le monde pour lui faire échec semblaient bien avoir porté leurs fruits. Il ne fait aucun doute, dans mon esprit, que les centaines de milliards de dollars qui ont été dépensés dans le monde (pour lutter contre le bogue) l'ont été à bon escient", a souligné le sénateur républicain de l'Utah, Robert Bennett, président de la sous-commission du Sénat sur le bogue de l'an 2000. Aux Etats-Unis, où, pour parer à toute éventualité, l'Etat et le secteur privé ont dépensé plus de 100 milliards de dollars au cours des trois dernières années (soit environ 365 dollars par Américain), de nombreux experts redoutaient surtout une transmission en chaîne de petites défaillances isolées, susceptible de résulter en un véritable chaos. Mais jusque-là, les erreurs provoquées par le bogue de l'an 2000 constatées n'ont été que très mineures et, dans tous les cas, ont pu être rapidement corrigées. Dans le Delaware, ce sont ainsi 800 machines à sous sur des champs de course qui se sont bloquées lorsqu'elles ont reçu la date erronée du 1er janvier 1900. A Washington, le site internet par l'horloge atomique de l'Observatoire naval affichait un horaire plutôt incongru: "1er janvier 19100". Dans le Midwest, les horloges électroniques de huit centrales électriques sont soudainement passées à minuit de l'heure locale à l'heure universelle (ou GMT), créant une confusion qui n'a eu aucune répercussion sur la production d'électricité. Finalement, quelques heures après le coup de minuit, les responsables américains poussaient un ouf de soulagement. "Je suis agréablement surpris. Nous nous attendions à davantage de difficultés au début, en particulier dans le monde", a confié le "Monsieur bogue" de la Maison Blanche, John Koskinen. Même son de cloche dans le secteur privé. "C'est un énorme sentiment de soulagement qui prévaut. L'effort financier et humain a été gargantuesque pour que tout soit prêt. Il apparaît maintenant que cela en valait bien la peine", a déclaré pour sa part James Woodward, un des vice-présidents de la société d'informatique Cap Gemini America. Pourtant, le bogue pourrait ne pas avoir dit son dernier mot. "Il est encore trop tôt pour crier victoire", avertit, prudent, John Koskinen. "Tous les problèmes ne vont pas apparaître immédiatement. Nous n'aurons une vue complète que vers le milieu de la semaine prochaine". Selon la firme de consultants Gartner Group, moins de 10% des défaillances dues au bogue de l'an 2000 devaient survenir dans les deux premières semaines. Le reste frappera surtout les systèmes informatisés internes des entreprises (facturation, payes, etc...) et devrait n'affecter que très peu la population. La réussite des travaux de préparation au bogue de l'an 2000 des grands systèmes informatiques, mais aussi leur coût énorme, ont suscité des interrogations qui ont contraint de nombreux responsables à rappeler que le bogue n'était pas un fantasme. Les entreprises et administrations françaises ont consacré plus de 120 milliards de francs (18,29 mds EUR) depuis trois ans à préparer leurs ordinateurs au passage à l'an 2000. Ce week-end, les systèmes considérés comme stratégiques, (énergie, transport, défense etc...) ont passé le cap sans fléchir. Ce que certains ont vite considéré comme une preuve que les sommes investies n'étaient pas forcément nécessaires. Une idée apparue tout d'abord dans des journaux cubains, qui ont affirmé que le bogue entrait probablement dans le cadre d'une manipulation capitaliste, dont le but était de gonfler les dépenses électroniques. Le quotidien "Juvendud Rebelde" a même estimé que c'était pour des raisons économiques que l'avènement du troisième millénaire, qui aurait dû attendre 2001, a été célébré avec un an d'avance. Face à ces accusations, les réactions dans les sociétés informatiques, soupçonnées d'avoir voulu gonfler leur chiffre d'affaires grâce au bogue, oscillaient entre l'indignation et l'abattement. "On a dépensé plus de 300 milliards de dollars dans le monde pour réparer des systèmes qui étaient réellement dangereux. On pouvait donc s'attendre à des résultats, et que le passage à l'an 2000 se passe correctement", rappelait le responsable An 2000 chez IBM France, Maurice Talbot. "Des dizaines de millions de lignes de code informatique ont été corrigées, pour que les dates puissent être lues correctement par les ordinateurs, qui sans cela se seraient bloqués ou auraient fonctionné de manière fantaisiste", expliquait de son coté Nicolas Du Peloux, Monsieur An 2000 chez Cap Gemini. La plupart des grandes entreprises de services informatiques (SSII) n'ont que très peu profité des travaux de préparation au bogue, qui pour Cap Gemini comme pour Sema ou Atos, les leaders européens, n'a représenté que 2 à 5% du chiffre d'affaires en 1999. Les conversions des entreprises au commerce électronique représentent pour les SSII des marchés beaucoup plus rémunérateurs, rappelle Jean François Perret, chez Pierre Audouin Conseil. Au surplus, selon une récente enquête de l'institut d'études américains IDC, l'investissement informatique des entreprises françaises n'a pas augmenté à cause du bogue. La progression a été de 11,9% en 1999 par rapport à 1998, alors qu'elle avait été de 12,9% l'année précédente.

AFP (brève résumée par @RTFlash)

http://fr.news.yahoo.com/000101/32/7vbr.html

http://fr.news.yahoo.com/000103/32/7vwa.html

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