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Biocarburants de seconde génération : incertitudes technologiques et risques écologiques

Produits à partir de paille, de bois, de déchets agricoles et forestiers, ces carburants utilisent la ligno-cellulose des plantes, leur constituant principal. S'il faut toujours compter avec des cultures consacrées aux biocarburants, comme l'herbe à éléphant (miscanthus), le nombre d'espèces valorisables s'élargit donc considérablement. En partant de cette biomasse, on peut obtenir soit de l'éthanol soit des “BtL” (Biomas to Liquids), ou hydrocarbures de synthèse qui, selon Xavier Montagne, directeur scientifique adjoint de l'Institut Français du Pétrole (IFP), pourraient être disponibles entre 2015 pour l'éthanol et 2020 pour le BtL.

Techniquement, deux voies sont explorées, biologique et thermochimique, actuellement en cours de tests au stade pilote en Europe et aux Etats-Unis notamment (en France à partir de 2009). “Ces procédés ont aujourd'hui de mauvais rendements. Il faudrait arriver à les mutiplier par deux, trois serait l'idéal”, souligne encore Claude Roy, coordinateur interministériel français pour la valorisation de la biomasse. “Le vrai pari sera la bataille des rendements”. Autre obstacle : des investissements considérables.

En Allemagne, la société Choren a inauguré en avril en Saxe un site pour produire 18 M de l de biodiesel à partir de résidus de bois. Elle prévoit désormais une raffinerie d'une capacité de 200 000 tonnes, d'un coût estimé à 1 milliard d'euros contre 40 M pour un site comparable au colza, selon la Fédération allemande des biocarburants.

Par ailleurs, même si les cultures consacrées à la production de cette nouvelle génération nécessitent moins de surfaces, “il faudra quand même mobiliser des sols. Là encore on risque d'entrer en concurrence avec les cultures agricoles”, reconnaît Claude Roy.

Jean-Louis Bal, responsable des Energies renouvelables à l'Agence pour le développement et la maîtrise de l'énergie (Ademe) met également en garde contre le bilan carbone (les émissions de gaz à effet de serre) des biocarburants, même de seconde génération. “Si une terre était déjà cultivée ça ne change rien. Mais si on convertit des prairies, ou pire, une forêt, qui stockaient des quantités considérables de CO2 qu'on relâche dans l'atmosphère, le bilan devient catastrophique”.

Romandie

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