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Les avionneurs veulent accélérer l'utilisation des biocarburants dans l'aéronautique

Lors du sommet « Aviation et environnement » de la semaine dernière, les professionnels ont réaffirmé leur volonté de rendre le transport aérien plus propre. Ils souhaitent notamment accélérer la commercialisation des biocarburants.

Les constructeurs aéronautiques sont tout disposés à rendre la filière aérienne moins polluante. Comme les représentants des aéroports, des compagnies aériennes et des motoristes, ils l'ont à nouveau affirmé lors du sommet « Aviation et environnement » qui s'est tenu à Genève la semaine dernière. Mais ils n'entendent pas en faire les frais. Depuis l'instauration le 1er janvier dernier d'une taxe carbone sur tous les vols atterrissant ou décollant d'un pays de l'Union européenne, tous les grands pays non européens (Etats-Unis, Russie, Inde, Chine) s'y opposent. Parfois en menaçant d'annuler leurs commandes auprès du constructeur européen Airbus. C'est pourquoi, dans une déclaration commune publiée lors de ce sommet, la profession dans son ensemble en appelle aux gouvernements et aux régulateurs pour qu'ils imposent des règles globales s'imposant à tous sans distorsion de concurrence. Ils réclament aussi du soutien à la recherche et développement, à l'amélioration des infrastructures et au développement d'agrocarburants.

  • Croître sans polluer plus

La filière est consciente qu'elle ne pourra poursuivre sa croissance qu'au prix d'une réduction significative de ses impacts sur l'environnement, à commencer par ses émissions de CO2. Si celles-ci ne représentent aujourd'hui qu'entre 2 et 4 % des émissions mondiales, la croissance annuelle du trafic de 5 à 6 % attendue pour les prochaines années laisse présager d'un accroissement de ce poids. A moins, comme dans d'autres secteurs industriels, de parvenir à « découpler » la croissance des émissions. Ou a minima, de réduire le coefficient de corrélation. Ce qui est déjà le cas, puisque la consommation de carburant n'a augmenté que de 3 % ces dix dernières années pour une hausse du trafic de 45 % sur cette période. A Genève, les professionnels ont également rappelé le poids économique du secteur (56,6 millions d'emplois et plus de 2200 milliards de chiffre d'affaires), et son rôle dans le développement de l'industrie touristique. De nombreux facteurs sont susceptibles de rendre le transport aérien plus propre : matériaux composites plus légers, formes plus aérodynamiques, réorganisation de l'espace aérien et rationalisation des routes, mais aussi combustibles moins polluants.

  • Le rôle essentiel des biocarburants

Les agrocarburants peuvent être fabriqués à partir de matières végétales, jatropha, caméline ou des espèces d'eucalyptus adaptées aux zones arides, impropres à toute autre culture. Ils peuvent également être fabriqués à partir de déchets organiques ou encore de micro-algues, qui présentent l'avantage de ne pas empiéter sur les terres arables mais en sont encore au stade du laboratoire.

La Commission Européenne s'est engagée à acheter aux producteurs d'agrocarburants 4 % du volume total utilisé dans l'aviation à l'horizon 2020. Pour accélérer la mise sur le marché, les trois principaux constructeurs, Airbus, Boeing et Embraer, membres du « groupement des utilisateurs de carburant durable pour l'aviation » qui compte 23 entreprises, ont annoncé jeudi 22 mars leur décision de se regrouper pour s'adresser d'une même voix aux gouvernements, producteurs et autres parties prenantes. Cette coopération porte sur l'élaboration de normes industrielles et de méthodologies pour mesurer le poids en carbone et en énergie des différents carburants. Elle prévoit aussi l'établissement dans plusieurs régions du monde, de chaînes de valeurs complètes intégrant producteurs, raffineries, compagnies aériennes et législateurs et visant une commercialisation rapide. Ces trois constructeurs ont déjà réalisés de nombreux vols tests utilisant les biocarburants agréés par les organismes internationaux de normalisation, mais il sera impossible de passer à l'étape suivante sans le soutien financier et réglementaire des gouvernements.

Selon l'agence internationale du transport aérien (Iata), l'utilisation de biocarburants, couplée à d'autres mesures comme de nouveaux systèmes de gestion du trafic aérien (programme Sesar en Europe) qui permettent d'optimiser les routes aériennes, permettrait de diminuer les émissions de CO2 de 50 % en 2050 par rapport à 2005.

La Tribune

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