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Après la première double greffe de mains, une greffe du visage à Lyon ?

La greffe complète de la face est aujourd'hui « techniquement » possible. C'est ce qu'a déclaré, l'équipe du professeur Jean-Michel Dubernard de l'hôpital Edouard-Herriot (HEH). Une annonce faite cinq ans jour pour jour après la première greffe mondiale des deux mains, réalisée avec succès à Lyon par le même Jean-Michel Dubernard. Ce dernier, qui a tenu hier une conférence de presse en présence du « receveur », Denis Chatelier, estime qu'« une nouvelle ère s'ouvre dans le domaine de la transplantation, celle des tissus composites ». La greffe du visage, que pourraient légitimer certains cancers ou brûlures majeures selon des spécialistes, est « une situation à laquelle on sera confronté, non pas pour faire un exploit mais pour améliorer les choses », a affirmé Jean-Michel Dubernard. Il a par ailleurs indiqué qu'une telle intervention a bien failli être tentée récemment à Lyon par une équipe de Créteil. L'idée a été abandonnée « à cause d'une erreur de communication ». Trois nouvelles doubles greffes de mains doivent être effectuées dans les deux années à venir par les services de chirurgie de transplantation de l'Hôpital Edouard-Herriot de Lyon, a annoncé jeudi le Pr Jean-Michel Dubernard et son équipe lors d'une conférence de presse à l'occasion du cinquième anniversaire de la première double greffe.

"Le succès de l'opération de Denis Chatelier est extrêmement encourageant. Et, aujourd'hui, s'ouvre une nouvelle ère de la transplantation, celle des greffes composites de tissus. Déjà, des greffes de larynx, de genou et de paroi abdominale ont été réalisées", s'est félicité le Pr Dubernard. Selon lui, des greffes de face pourraient même être envisagées sous réserve d'acceptation par le comité d'éthique. "Une femme s'était d'ailleurs portée candidate sans que cela ne puisse aboutir", a-t-il précisé. Depuis l'opération de Denis Chatelier en 1999, l'équipe de chirurgie de transplantation de l'hôpital Edouard-Herriot a procédé à une autre double greffe de main sur un Lyonnais âgé de 24 ans, qui n'a pas souhaité que son cas soit médiatisé. Dans le monde, 26 greffes simples et doubles de main ont depuis été réalisées, toutes sur des sujets masculins. Denis Chatelier, présent à la conférence de presse, est venu témoigner de ses progrès. "Je suis limité pour porter des poids lourds mais je progresse de jour en jour. Je peux pincer, sentir le chaud et le froid", a-t-il expliqué, précisant qu'il doit suivre une rééducation par kinésithérapie quotidienne et est toujours sous traitement.

La première greffe de main avait eu lieu à Lyon en 1998 sur le Néo-zélandais Clint Hallam. Cette greffe s'était soldée par un échec, le patient n'ayant supporté sa greffe et demandé son amputation deux ans plus tard. "L'aide des psychologues et des psychiatres est fondamentale pour l'acceptation d'une greffe. On a remarqué que cette acceptation progressait avec le retour de la sensibilité", a expliqué Jean-Michel Dubernard. Les greffes de membres en France ont le même statut juridique que les greffes d'organes. Contrairement aux pays anglo-saxons, tout citoyen qui n'a pas signé le registre des refus est considéré comme "donneur consentant présumé". "Le don de membres pose un problème particulier, il n'est pas forcément bien accepté. C'est pourquoi nous prenons tout de même la précaution de demander l'autorisation aux familles", a indiqué le Dr Jean-Jacques Colpart de l'Etablissement français des greffes.

AP

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