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10 pays s'associent pour mettre au point le réacteur nucléaire du futur

Alors que le gouvernement a lancé un débat national sur l'évolution de la politique énergétique de la France, les acteurs du nucléaire préparent leur avenir. A l'initiative du département de l'énergie (DoE) américain, dix pays - Argentine, Brésil, Canada, France, Japon, Corée du Sud, Afrique du Sud, Suisse, Royaume-Uni et Etats-Unis - se sont associés pour étudier les systèmes nucléaires de quatrième génération susceptibles d'être déployés en 2030. Ce Forum international génération IV a, au terme de deux années d'étude, sélectionné différents concepts innovants parmi la centaine proposés par les pays membres. En octobre 2002, un plan de développement des six systèmes jugés les plus prometteurs a été défini. Même si les coûts seront partagés et la R & D intégrée, "les enjeux sont à terme industriels", note Jacques Bouchard, directeur de l'énergie nucléaire au Commissariat à l'énergie atomique, qui présentait mercredi 23 avril les projets du CEA en ce domaine. Il espère voir signer les accords de coopération d'ici au 1er janvier 2004. D'ici 2030, l'ensemble des partenaires devraient investir 6 milliards d'euros à ces études (hors construction de démonstrateurs), qui seront financées essentiellement sur fonds publics. Car les pays membres du Forum sont persuadés que le nucléaire sera une énergie incontournable au XXIe siècle. Jacques Bouchard évoque le "casse-tête énergétique" dû à la croissance de la demande (2 % par an d'ici 2020), notamment dans les pays en développement. L'énergie fossile restera prédominante (85 % environ), ce qui devrait compliquer la maîtrise des émissions des gaz à effet de serre. L'énergie nucléaire pourrait donc espérer un rééquilibrage en sa faveur, à condition de proposer des systèmes de production d'électricité "durables, économiques, sûrs et fiables, résistants face aux risques de prolifération nucléaire et d'agression", des objectifs fixés par le forum dans la définition des réacteurs du futur. Est-ce à dire que les générations précédentes n'y souscrivent pas ? La première, mise en service avant les années 1970, avait le plus souvent pour mission de faciliter la production de plutonium à destination militaire. La deuxième, née dans les années 1970 et qui constitue la majorité du parc mondial actuel, avait plus pour fonction de réduire la dépendance énergétique vis-à-vis des pays pétroliers. En France, elle s'est accompagnée d'une politique intensive de retraitement. La troisième génération, décidée après les accidents de Three Mile Island (1979) et surtout de Tchernobyl (1986), doit accroître la sûreté en s'appuyant sur des systèmes passifs. Le projet franco-allemand EPR, que ses promoteurs, Framatome ANP en tête, ne désespèrent pas de voir aboutir, est né de ce souci. Mais s'il est qualifié d'"avancé", il ne résout pas les questions posées par la gestion des déchets. Les réacteurs de quatrième génération devront y répondre de façon plus satisfaisante. Les six systèmes sélectionnés comprennent deux réacteurs à haute température dont le fluide caloporteur est un gaz, deux réacteurs refroidis par du métal liquide (sodium et alliages de plomb), un réacteur à eau supercritique et un réacteur à sels fondus. Quatre systèmes sur six sont à neutrons rapides et cinq font appel au cycle dit "fermé", qui permet un recyclage de tous les actinides engendrés par la fission atomique et suppose un système parallèle de retraitement. Mais il faudra continuer à stocker les produits de fission, déchets ultimes, qui représentent 5 % de la masse des combustibles usés. Le CEA a décidé de se consacrer prioritairement aux systèmes à caloporteur gaz à très haute température (VHTR) et à neutrons rapides avec recyclage des actinides (GFR). L'hélium est prometteur. Les technologies y faisant appel dès les années 1970 et 1980 n'avaient pas tenu leurs promesses, faute de turbines perfectionnées. Mais l'évolution de celles-ci offre des perspectives. Patrice Bernard, directeur du développement et de l'innovation nucléaires du CEA, évoque des rendements de 50 %, contre 30 % pour les réacteurs de deuxième génération. Le couplage avec des centrales de production d'hydrogène pourrait même offrir un rendement global de 60 % - à condition de convaincre l'autorité de sûreté nucléaire que l'on peut coupler une usine de production de gaz à une centrale nucléaire... Outre ces procédés de cogénération, des systèmes de dessalement de l'eau de mer associés aux réacteurs à haute température (1 000 °C, contre 300 °C actuellement) sont envisagés.

Le Monde : http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3244--318115-,00.html

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