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Les spectaculaires progrès de l'ophtalmologie

De la banale myopie aux maladies rares, la moitié des Français ont des problèmes de vue. Et la situation risque d'empirer, puisque la fréquence des maladies oculaires augmente avec l'âge et que la population vieillit. « C'est l'essor de la biologie moléculaire, de l'instrumentation - notamment le laser - et de la thérapie génique qui ont permis le décollage de la recherche moderne en ophtalmologie dans les années 1990 », explique José-Alain Sahel, directeur de l'Institut de la vision.

La rétine a été la première à bénéficier des progrès de la recherche. Ces dernières années, les trois principaux gènes impliqués dans la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) ont été identifiés. Cette pathologie affecte 10 % des personnes de plus de 75 ans, et constitue la principale cause de cécité. La thérapie génique, quant à elle, semble avoir trouvé avec l'oeil un champ d'application privilégié. On peut l'envisager pour des maladies génétiques de la rétine, comme l'amorause de Lebber ou la maladie de Stargardt pour lesquelles des essais cliniques sont en cours. En attendant une autre technologie prometteuse en test chez l'animal : la thérapie optogénétique, qui consiste à introduire dans le génome de cellules de la rétine le gène d'une protéine photosensible issue d'algues ou de bactéries pour restaurer une perception de la lumière.

Avec la rétine artificielle mise au point par la société californienne Second Sight et l'Institut de la vision, un autre pas important a été franchi. Il s'appuie cette fois sur les progrès de l'électronique et sa miniaturisation. L'implant rétinien utilisé est une puce de 1 mm2 porteuse de 60 électrodes. La pharmacie n'est pas en reste : un certain nombre de molécules, parfois déjà utilisées dans d'autres indications sont aussi testées dans les maladies de l'oeil. C'est le cas par exemple des antiangiogéniques (qui empêchent le développement des vaisseaux), déjà utilisés en cancérologie pour bloquer la croissance des tumeurs, et qui sont maintenant testés dans une forme de la DMLA.

La cornée, pour sa part, devrait bénéficier des approches de thérapie cellulaire pour pallier une relative pénurie de greffons, et de thérapie génomique pour améliorer le pronostic des greffes en cas d'herpès oculaire. En attendant de pouvoir, un jour peut-être, régénérer le nerf optique des patients atteints de glaucome.

Les Echos

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