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Quand les capteurs adaptent la voiture aux personnes âgées

Avant même d’être vraiment incapables de conduire, les automobiliste âgés ne prennent plus le volant. La raison ? Une perte de confiance en leurs propres jugement et réflexes. C’est à partir de ce constat que l’équipe Intelligent Transport de l’université de Newcastle, menée par le professeur Phil Blythe, projette de développer une voiture bardée de technologies qui assisteraient le conducteur et faciliteraient ses manœuvres. Les chercheurs ont étudié le comportement au volant de dix-neuf personnes âgées de 60 ans et plus, en situation, sur des routes du nord-est de l’Angleterre, autour de Sunderland et Newcastle afin d’identifier les habitudes et les points sensibles dans leur manière de conduire. Ils ont pour cela utilisé une voiture équipée de capteurs, le « DriveLab » : lunettes pour repérer les mouvements oculaires, capteurs des rythmes cardiaque et respiratoire, de la température de la peau (pour détecter le stress), caméra pour repérer le positionnement de la voiture sur la voie, enregistreur de vitesse, freinage, changement de rapport…

Ces tests, conjugués à des entretiens et des séances en simulateurs de conduite, ont permis d’établir que ces conducteurs âgés n’étaient pas forcément plus lents que les autres ; au contraire, sur des zones limitées à 30 miles à l’heure (un peu moins de 50 km/h) ils s’efforcent de garder une vitesse constante, frôlant l’excès de vitesse. Autre enseignement : ils stressent à l’approche des ronds-points, quand leur route se connecte à un grand axe et n’aiment pas tourner à droite à une intersection car ils estiment mal évaluer la vitesse des voitures arrivant en face (pour rappel, les Britanniques roulent à gauche). L’équipe Intelligent Transport envisage de développer un système de navigation sur-mesure pour personnes âgées, qui proposerait par exemple des itinéraires limitant le nombre de « tourner à droite » ou évitant les routes à quatre voies. Autre pistes : une technologie de vision nocturne et l’affichage d’informations sur le pare-brise plutôt que sur le tableau de bord.

Le projet fait partie d’un programme plus vaste, appelé « Intégration sociale par l’économie numérique » mené par l’université de Newcastle. Il a pour enjeu de préserver l’autonomie des personnes âgées, notamment dans les zones rurales, et d’éviter leur isolement. Il ouvre aussi des pistes pour l’industrie en montrant comment développer des outils technologiques et multimédias accessibles aux personnes âgées ; ces dernières ne sont pas par principe réfractaires au multimédia, mais elles sont souvent rebutées par des outils qui ont été clairement conçus pour des générations plus jeunes. D’après le professeur Phil Blythe, les instruments développés par son équipe pourraient être intégrés par les industriels d’ici 5 à 10 ans.

L'Atelier

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