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Des pyramides égyptiennes découvertes depuis l'espace

L'utilisation d'images satellites infrarouges a permis de révéler la présence de dix-sept pyramides, de plus de mille tombeaux et de trois mille petits villages dans le sous-sol égyptien.

En 2007, l'égyptologue américaine Sarah Parcak tire la sonnette d'alarme : l'urbanisation galopante menace le patrimoine archéologique égyptien. Le sous-sol regorgerait en effet, selon elle, de trésors détruits avant même d'avoir été découverts. Seule la «pointe de l'iceberg» archéologique serait visible : les temples d'Abou-Simbel, de Louxor, les pyramides de Giseh - Kheops, Kephren et Mykérinos -, etc. Elle est alors la première à utiliser les images satellites infrarouges que lui fournit la Nasa pour repérer les restes encore enfouis de l'ancienne civilisation égyptienne. Dans un documentaire diffusé par la BBC, la chercheuse de l'université américaine d'Alabama à Birmingham révèle l'ampleur de ses découvertes à ce jour : plus de 1000 tombeaux, 3000 hameaux et 17 pyramides.

La technique employée est relativement simple. Des satellites situés à 700 kilomètres d'altitude récupèrent le rayonnement infrarouge émis par la terre. Ces gammes d'ondes, invisibles à l'œil nu, permettent de repérer les différences de densité du sous-sol. Or «les Égyptiens utilisaient pour leurs constructions des briques de terre beaucoup plus denses que le sol», explique Sarah Parcak. L'analyse du rayonnement infrarouge révèle ainsi l'existence de véritables villes en pleine campagne ou à la périphérie de villes existantes.

La méthode infrarouge validée depuis plusieurs années

Des fouilles ont déjà permis de confirmer l'existence d'une partie de ces sites. Deux pyramides ont ainsi été mises au jour. «Découvrir une pyramide est le rêve de tout archéologue», se souvient l'égyptologue. Les deux monuments se trouvaient tout près du site très connu de Saqqarah, au nord de la vallée du Nil, mais dans une zone qui n'avait jamais intéressé les autorités égyptiennes. L'excavation quelques années plus tôt, sur les indications de Sarah Parcak, d'une maison vieille de 5000 ans à Tanis, un site archéologique au nord du pays, les ont toutefois convaincus de faire confiance à la chercheuse. Depuis, ils utilisent eux-mêmes cette méthode afin de protéger le patrimoine archéologique encore enseveli.

De nombreuses pyramides, au moins 15, et des villes entières doivent d'ailleurs encore faire l'objet de fouilles. «Tout cela montre à quel point la taille et le nombre des zones urbanisées ont pu être sous-estimés», souligne la chercheuse. Et il ne s'agit là que des sites situés proches de la surface. Le Nil pourrait bien avoir recouvert de sa vase de nombreux autres sites situés aujourd'hui à des profondeurs plus importantes. «Les satellites nous permettent désormais de voir les choses en grand», se félicite Sarah Parcak.

Le Figaro

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