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Première scientifique à Toulouse : le cholestérol contre le cancer du sein

Une équipe du Centre de recherches en cancérologie de Toulouse, spécialisée dans l’étude du cholestérol, a découvert une nouvelle voie thérapeutique pour traiter le cancer du sein.

Depuis plusieurs années, le duo de chercheurs Sandrine Silvente-Poirot et Marc Poirot s’intéresse au métabolisme du cholestérol et à son implication dans les cancers. Ces chercheurs du Centre de recherches en cancérologie de Toulouse ont découvert une nouvelle piste pour traiter les cancers du sein, notamment les plus agressifs qui ne répondent pas aux stratégies classiques.

« La dendrogénine A, que nous avions identifiée en 2013, possède des propriétés anti-tumorales : elle bloque la prolifération des cellules tumorales et les tue. Mais on ne la retrouve pas dans les cellules cancéreuses du sein. À sa place : l’OCDO, un autre dérivé du cholestérol qui, lui, favorise le cancer et sa prolifération. Nous avons voulu étudier l’origine de cette dérégulation pour voir si on pouvait l’éliminer », explique le couple de chercheurs.

En conséquence, la portée de leurs travaux est immense : si on peut bloquer l’OCDO, on peut proposer des thérapies aux patientes en rechute ou touchées par les cancers dits « triples négatifs » qui ne répondent pas aux traitements hormonaux.

Elle pourrait déboucher sur deux stratégies de traitement : empêcher la production d’OCDO en augmentant les taux de dendrogénine A et donc en utilisant son effet anti-tumoral ; bloquer l’action de l’OCDO en agissant sur l’enzyme responsable de sa production. "Cette découverte est comparable à celle des inhibiteurs contre les cancers hormono-dépendants mais la portée est bien plus large. La dendrogénine A est naturellement présente dans le corps humain, elle est donc moins toxique que les molécules synthétiques. Elle peut également avoir un rôle de surveillance des tumeurs", expliquent encore les Docteurs Sandrine Silvente-Poirot et Marc Poirot qui ont travaillé avec le Professeur Florence Dalenc, sénologue à l’Institut universitaire du cancer de Toulouse-Oncopole.

« Nous espérons personnaliser encore plus les traitements et en faire bénéficier des patientes tout de suite », poursuit le médecin qui a supervisé l’analyse de plusieurs milliers d’échantillons de tumeurs humaines mammaires pour préciser encore plus le rôle du dérivé du cholestérol dans différents stades de cancer.

De nouvelles perspectives s’ouvrent également dans le traitement des mélanomes et des leucémies, cancers dans lesquels les chercheurs ont observé l’activité positive de la dendrogénine A. Mieux, observée en phase pré-clinique, elle provoquerait la mort des cellules cancéreuses via un mécanisme d’autocannibalisme très original.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

La Dépêche

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